D’où venons-nous ?
LE MAÎTRE :Ta première question est d’où venons-nous ? Nous venons et nous procédons de l'Un. Nous sommes une expression, une représentation de l'Un ; une étincelle, un germe, une infime partie de Lui. L'Un s’exprime à travers toutes les créations que tu vois dans le ciel, la terre et les océans ; à travers tout ce que tu vois et tout ce que tu ne vois pas. Sache que ce que tu ne vois pas est plus réel que ce que tu vois car essence de l'Un qui fait vivre toute chose.
CANDIDE :Maître tu dis que tout ce qui existe est une de ses émanations. Qui est-il ? Quel est son but pour nous ?
LE MAÎTRE :Le langage humain n’a pas de mots pour exprimer l'Un. Tout ce que je te dirais est trop pauvre pour t’en donner une idée. Tu dois trouver en toi les mots et les sentiments qui Le feront résonner en toi. Dieu est pure existence, intelligence, béatitude, pensée, joie ; pur amour, bonheur, souffle créateur. L'Un est sans limites et cependant il peut loger dans ton cœur. L'Un est unique ; tout ce qui est, tout ce qui n’est pas. Comme on ne peut définir, ni décrire Dieu, lui l’Indescriptible, l’Inconnaissable, il est CELA :Ce CELA que je suis, que tu es, que toute chose est.
CANDIDE :Maître pardonne-moi, c’est si abstrait, si difficile à comprendre !…
LE MAÎTRE :Tu dois étudier, méditer, pratiquer tout ce qui est juste et bon et alors tu recevras l’illumination ou vérité qui correspondra à l’expression personnelle de l'Un en toi.
CANDIDE :Tu veux dire que ma vérité peut être différente de la tienne ?
LE MAÎTRE :Elle aura une expression différente, mais rejoindra la Vérité de l'Un. S’il en est ainsi, tu apporteras ta feuille à l’arbre de la Vérité, de la Sagesse et de la Connaissance...
Quel est notre but sur cette terre ?
LE MAÎTRE : Tu me demandais quel est notre but sur cette terre et bien, un des premiers buts est de connaître l’expression de la Vérité de l'Un en nous et de l’exprimer. Ensuite d’aider les autres à exprimer la leur. Je recherche mon union avec l'Un et je fais de même pour mon prochain. Je peux t’enseigner mon chemin ; mais je préfère t’aider à découvrir le tien car le mien n’est pas forcément le tien.
CANDIDE :Maître, tu recherches l’expression de l'Un en toi qui est son union avec Lui !… Quel est le chemin ?
LE MAÎTRE :Vois une source tout au sommet d’une montagne. Elle perce, creuse, la terre et la roche inlassablement années après années. Elle devient, ruisseau, puis rivière, puis fleuve ; contourne les flancs des montagnes, traverse les vallées et les plaines. Elle fait cela dans un seul but : rejoindre et se fondre dans l’océan ; devenir lui. Apprends de la source ; de sa persévérance à rejoindre l’océan ; mais surtout de sa compassion car en traversant les plaines et les vallées elle abreuve les animaux, donne vie aux cultures et aux plantes. Elle va vers son but paisible sans compter le temps mais déterminée, calme et sereine. Toi fais de même. Tels sont le secret et le but de la vie. Comprends-tu cela ?
CANDIDE :Maître, je crois que oui ! Si je comprends bien cela veut dire que notre but est de Le rejoindre et nous confondre en Lui, pour être pure joie, béatitude, intelligence, pensée.
LE MAÎTRE :Oui, tu as compris !
CANDIDE :Permets-moi de résumer ton enseignement. Tu m’as appris que la vérité est une et à la fois multiple ; chaque être, chaque chose est une expression d’une vérité. Si nous sommes justes en pensées, en paroles et en actes nous pouvons trouver l’expression de notre vérité et contribuer ainsi à la connaissance de la Vérité. Les feuilles, l’arbre et la forêt sont les symboles de ton enseignement concernant toute vérité dans son domaine respectif. Tu m’as appris que nous provenons tous de Dieu ou de l’Un ou encore du Brahman : Nous en sommes une expression, une ramification ; tout ce que nous voyons et ne voyons pas est une manifestation de Lui. Notre but est de retourner à Lui, d’être confondu en Lui, de redevenir Lui.
Tu as répondu, à ma première question : D’où nous venons ?
Tu as aussi répondu à ma deuxième question : Quel est notre but sur cette terre ? L’image de la source qui rejoint l’océan est l’image de ton enseignement. Je te remercie de tes réponses et je te suis reconnaissant pour ce savoir que tu me transmets. Maître, je vais méditer et suivre tes instructions pour approfondir tes précieux enseignements. Veux-tu répondre à ma troisième question : Que devenons-nous après la mort ?
Où allons-nous après la mort ?
LE MAÎTRE : Tu as bien résumé. Que devenons-nous après la mort ? Je vais te répondre. Voici, nous sommes composés d’une âme pour parler comme les Occidentaux, ou de l’atman pour parler comme les Orientaux et d’un corps. Il existe d’autres noms en fonctions des religions ou des philosophies pour désigner cette partie non visible de l’homme. Mais peu importe car tous désignent la même chose. Le corps est la partie matérielle et visible ; l’âme la partie immatérielle et invisible. Pourtant la partie réelle est l’âme et la partie irréelle le corps. Lorsqu’on meurt, le corps se décompose et retourne à la terre pour redevenir poussière. Par contre, l’âme partie intégrante de l'Un en nous, retourne dans un endroit pour récolter le fruit de ses bons et mauvais actes.
Religions et philosophies appellent ces endroits : paradis, enfers. On leur donne encore d’autres noms et les gourous les décrivent selon leur illumination. Mais pour moi peu importe, je te dis simplement que c’est un endroit où notre étincelle divine passe un certain temps à faire le point et à se prépare à une renaissance dans un nouveau corps. Dans cette nouvelle vie, nous naissons avec l’acquis de nos vies antérieures, composé de nos bonnes et mauvaises actions ; car ce que nous semons tôt ou tard nous le récoltons. Lorsque nous mourrons, l’âme jette son corps comme on jette un vieux vêtement. Quand nous naissons, nous revêtons notre âme de ce nouvel habit et repartons pour une nouvelle vie, chargés de notre karma qui est notre bagage éternel, fruit de nos naissances et renaissances. La vie est semblable à une grande roue qui tourne sur elle-même. Elle n’a ni début, ni fin. Nous naissons, vivons, souffrons, mourons pour renaître et recommencer. Cette roue tourne sans cesse. Elle comptabilise le bien et le mal et tient à jour le solde. Ce tourbillon perpétuel entraîne tous les hommes dans son inexorable rotation, qu’on appelle Samsara. Il y a la roue du karma universel, du karma des nations, du karma personnel et d’autres certainement. Pour retourner à l'Un nous devons briser la roue du karma, nous délivrer du fardeau de l’existence qui n’est que souffrance. Par compassion nous devons aider quiconque à briser sa roue. En faisant ainsi nous aidons à briser la roue du karma universel et améliorons la vie sur terre. Lorsque nous mourrons nous ne renaîtrons plus et serons absorbés dans le Grand Tout. Nous serons à la fois avec Lui et Lui, comme la source qui enfin retrouve l'océan. Voilà d’où nous venons, quel est notre but sur terre et où nous allons lorsque nous mourrons. Voilà la doctrine de la réincarnation ;roue de la vie qui tourne inlassablement obéissant aux lois du Karma ou loi de cause à effet.
CANDIDE :Maître, tu as répondu à mes questions. Je vais méditer. Dis-moi, d’où te vient ta grande sagesse ?
LE MAÎTRE :Je pratique les principes de ces maîtres hindous qui se retirèrent dans les forêts à la recherche de la sagesse et de la vérité. Leurs enseignements que j’ai reçus de l’un d’eux correspondent à l’illumination que je recherchais. À partir de cette sagesse que j’ai affinée par mon expérience, j’aide celui qui veut accéder à son éveil. La tolérance et le respect de chaque croyance doivent être de règle. Toute religion, toute philosophie rapproche celui qui est droit et sincère à la source unique. Nous sommes tous différents, nous devons admettre qu’il pourrait y avoir autant de religions que d’individus. Vous dites bien que tous les chemins mènent à Rome ? De même toute recherche sincère conduit à la connaissance de Dieu. C’est pourquoi, je dois rechercher ce qui me rapprochera au mieux de l'Un. Ce qui fera que cette existence sera la dernière parce qu’à ma mort, je ne renaîtrais plus et aurai atteint la libération.
Maintenant, c’est assez pour aujourd’hui ! Va et médite l’enseignement du premier jour et prépare-toi à celui du second.
La réincarnation une réponse logique à toutes les questions
CANDIDE : Maître, j’ai médité et accompli les exercices que tu m’as prescrit pour renforcer mon esprit. Grâce à ton enseignement sur la réincarnation, je me suis réconcilié avec Dieu. Avant je Le niais car :
_ Je ne pouvais concevoir l’existence d’un Dieu à cause des souffrances, injustices, malheurs, guerres, crimes qui sont le lot quotidien de l’humanité.
_ Dieu étant bonté, amour, justice, pouvoir ; s’il existait ne permettrait pas de telles atrocités se produire sur la terre.
Ainsi je me déclarais athée. Grâce à la réincarnation, j’ai appris et compris que l’homme est responsable individuellement, collectivement de son bonheur ou de son malheur. Dieu est amour, mais également justice. Combien je comprends pleinement maintenant cette réponse de mère Thérésa à un journaliste qui lui demandait :
_ Mère Thérésa, qu’est-ce qui ne va pas dans le monde ?
Elle répondit :
_ Ce qui ne va pas dans le monde ? C’est moi, c’est vous.
En d’autres termes, si le monde va mal aujourd’hui c’est un peu à cause de moi. Si je veux que le monde aille mieux, il faut que j’aille mieux, moi-même et cela chaque jour. Il en est de même pour chaque famille, village, ville et nation. Chacun, à son niveau, est responsable de l’état actuel du monde qui est à la mesure de nos actes collectifs vie après vies, générations après générations. Ainsi la loi du Karma agit au niveau de l’individu, des nations et de la terre. C’est merveilleux, à partir de la réincarnation, nous pouvons tout expliquer et comprendre ! Pourquoi tel homme à trois ans jouait de grandes œuvres au piano ? Parce que dans sa vie précédente il développa ce talent et dans sa vie actuelle il lui est donné de l’exprimer au plus haut degré de perfection. Pourquoi tel autre est homosexuel ? Parce que dans sa vie précédente il était femme et conserve anormalement dans sa vie actuelle la nostalgie de son précédent état. Ainsi chaque malheur, souffrance, douleur, bonheur peut être expliqué car tout ce qui nous arrive est une rétribution de nos vies passées : Naître dans tel pays, être riche ou pauvre, beau ou laid, en santé ou malade, heureux ou malheureux. Tout s’explique par une relation de cause à effet ou loi du Karma qui trouve son accomplissement dans la réincarnation. Comme tu me l’enseignais lors du premier jour, nous récoltons dans cette vie, ce que nous avons semé dans nos vies précédentes. Nous devons semer le meilleur de nous-même par l’étude, la méditation, le yoga et surtout par la compassion ; rechercher l’illumination de Dieu en nous. Alors nous aurons à notre mort une meilleure renaissance, en espérant que ce soit la dernière, celle qui nous permettra de réintégrer en l’Un. J’ai étudié aussi combien la doctrine de la réincarnation est une doctrine universelle et ancienne. Elle était répandue non seulement dans les pays d’orient mais aussi dans les pays d’occident notamment dans la Grèce. Elle fut la croyance des pythagoriciens, des néoplatoniciens et même des Gaulois.
LE MAÏTREC’est bien, puisque te voilà réconcilié avec Dieu grâce à la réincarnation. Mais je dois freiner ton enthousiasme. S’il est vrai que cette doctrine peut donner une explication logique à toutes les situations de la vie, cela ne veut pas dire pour autant qu’elle en détienne la vraie. Seulement si Dieu s’exprime en nous, nous exprimerons la bonne réponse ; sinon toute explication n’est qu’une possibilité.
CANDIDE :Mais quand sait-on que Dieu s’exprime en nous ?
LE MAÎTRE :Dans l’immédiat ? Difficile à dire ! Dans le temps ? Quand les faits et l’expérimentation le prouveront !
CANDIDE :Maître, explique-moi qu’entends-tu par là ?
LE MAÎTRE :Pour exprimer pleinement Dieu en nous, nous devons atteindre un total degré de pureté personnelle pour communier avec Lui. L'Un en nous reste emprisonné dans notre corps, contaminé par nos actes, paroles, pensées impures. Pour cette raison, il ne peut se manifester librement. Ensuite, notre moi, plongé dans ce monde d’illusions, s’illusionne lui-même et ne nous fait connaître qu’une partie de la vérité. Ainsi chaque homme de bonne volonté ajoute à travers les siècles de nouvelles lumières en vue de l’amélioration de la destinée humaine. C’est pour cela qu’il est difficile de dire dans l’immédiat si les paroles que nous prononçons viennent de Dieu en nous ou si elle viennent de notre intellect contaminé par l’erreur. Seul le temps et l’expérience le confirmeront. Si tel est le cas, alors une feuille s’épanouira et portera du fruit dans les branches de l’arbre de la vérité. Sinon, cette feuille tombera et pourrira au pied de l’arbre.
CANDIDE :Cela veut dire, que beaucoup de conceptions de la vérité, ayant détenu une certaine notoriété ont disparu.
LE MAÎTRE :Oui exactement ! Rappelle-toi, chaque fois que l’homme tente d’exprimer l’Un en lui, il apporte sa feuille à l’arbre de la connaissance. Si elle est pure illusion, la feuille tombe de l’arbre et pourrit à ses pieds. Il en est ainsi de beaucoup de croyances, philosophies, religions qui naissent et disparaissent.
CANDIDE :Ce qui veut dire que la vérité nous la connaissons progressivement, chaque jour un peu plus ?
LE MAÎTRE :Oui, c’est cela ! De plus la vérité comme toute chose est impermanente ; elle évolue avec le temps, les circonstances, les besoins des peuples…
CANDIDE :Maître, je me faisais une autre idée de la vérité, pour moi elle était immuable comme les lois physiques qui nous démontrent le contraire. La loi de la gravitation, ne s’adapte pas en fonction des époques, des races, des pays et des besoins individuels. Pourquoi en serait-il différent des lois spirituelles qui par principe sont supérieures aux lois physiques ? Les sages d’Orient préconisent autant de religions que d’individus, pourtant celui qu’ils considèrent souvent comme un des plus grands maîtres, Celui qui, de plus est un Dieu Sauveur nous dit : [1]Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mène à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par-là. Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mène à la vie, et il y en a peu qui les trouvent… Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi.
LE MAÎTRE :Tout dans ce monde change, car tout est illusion. Seul l’Un est réalité. Jésus s’est exprimé précisément à une époque et pour un peuple.
CANDIDE :Bien, Maître, je vais réfléchir.
Qui est l'Un ou DIEU ?
LE MAITREMaintenant, Candide, apprenons à mieux connaître l'Un. La connaissance de Dieu dans ce monde d’illusions est importante. Pourtant le Brahman est inconnaissable car indéfinissable. Sa compréhension ne pourra être authentique que lorsque nous aurons retrouvé l’unité absolue hors du cycle des renaissances. Alors nous serons Lui, non à travers la multiplicité et l’illusion, mais à travers l’unité absolue qui est pure réalité.
On raconte l’histoire de ces deux frères qui séjournèrent auprès d’un sage. À leur retour, le père les interroge. À l’aîné, il dit :
_ Qui est le Brahmam ?
L’aîné fièrement, montre tout son savoir en citant de nombreux textes des Védas, ainsi que les paroles du maître. Le père dit au second :
_ Et toi mon fils que peux-tu me dire du Brahmam ?
Le second resta silencieux. Le père dit au premier :
_ Tu as bien parlé mon fils.
Mais le père dit au second :
_Mon fils, tu as tout compris, car du Brahmam, on ne peut rien dire.
Pourtant, Dieu nous donne les moyens de le connaître, car il est tout ce qui nous entoure, il est toi, il est moi, il est chaque chose apparemment inanimée, chaque être vivant, plantes, animaux, humains. Il est tout cela. À travers la multiplicité des choses et des êtres, nous le recherchons. Cependant, nous ne pouvons pas le trouver à travers leur apparence illusoire, mais seulement à travers la conscience de leur réalité profonde. Voilà ce que veut exprimer cette légende hindoue.
Le microcosme est à l’image du macrocosme, comme l’âme individuelle à celle de l’âme universelle.Le livre sacré de la Bible, dit bien que nous sommes faits à l’image de Dieu. Aussi nous pouvons connaître Brahman, si nous nous connaissons nous-même. Celui qui connaît parfaitement les quelques grains de sable qu’il tient dans sa main, connaît avec la même perfection tout le sable de la mer sans le posséder dans sa totalité. Aussi nous devons chaque jour apprendre à nous connaître, en pratiquant la méditation, le yoga, la compassion. Ces pratiques nous permettent de rentrer en nous-même et de nous voir tel qui nous sommes réellement en ayant vaincu l’illusion de la multiplicité et en entrevoyant la réalité de l’unité absolue.
Ainsi je le répète, Candide, si tu connais ton âme parfaitement, tu connaîtras l’âme universelle.Un upanishad, commentaire sacré des Védas, dit :Je me prosterne, devant toi, je me prosterne devant moi, je me prosterne devant toi et moi. Car en vérité je suis toi et tu es moi.
CANDIDE :Maître, prier, c’est communiquer avec Dieu. Pour communiquer il faut être deux personnalités distinctes. D’après cet upanishad, lorsque je prie, je me prie moi-même, car si je suis moi, je suis l’Un tout comme l’Un est moi… N’est-ce pas prétentieux de parler ainsi ?
LE MAÎTRE :Non ! C’est une façon de reconnaître et d’exprimer son identité par rapport à Dieu. Souviens-toi le microcosme que nous sommes est à l’image du macrocosme qui est Dieu. Jésus nous dit : Soyez parfaits comme votre Père Céleste ou l'Un est parfait. Dans cette vie, tel doit être notre but, le Christ, le grand Maître, nous l’exprime en peu de mots : nous devons réaliser en nous la perfection qui est en Dieu ou tout au moins nous en rapprocher.
Maintenant voyons comment le Brahman procède. Dieu agit par cycle de création et de dissolution, allant de l’un vers le multiple et du multiple à l’un.On dit aussi cycle de projection et de dissolution. Ces cycles sont appelés kalpas et peuvent atteindre des chiffres considérables. On parle de 4 320 millions d’années. Ces kalpas sont, eux-mêmes divisés en périodes.
Au début de chaque cycle deux éléments sont en présence : Âkasha et Prâna. Âkasha représente la matière subtile qui servira à produire la substance du règne minéral, végétal, animal et humain. Prâna est la force, l’énergie qui vivifient toutes choses animées ou inanimées. L’Akasha crée le nom et la forme par la substance ; Le Prâna, par le souffle, produit l’énergie et la vie. Au Début de chaque cycle, Prâna et Âkasha sont immobiles. Puis Prâna souffle sur Âkasha pour donner naissance à la multiplicité !
CANDIDE :Maître, alors l'Un n’est pas un, il est deux puisqu’il est composé d’une part de tout ce qui est substance et d’autre part de tout ce qui est énergie, ou comme le définit l’hindouisme de l’Âkasha et du Prâna ?
LE MAÎTRE :Quand le cycle de création va se mettre en marche, l'Un devient deux. Quand la création est accomplie alors l'Un passe de l’un au multiple. Quand le cycle de dissolution apparaît, l'Un redevient deux : Prâna et Âkasha. Puis en période de repos le Prâna intégrant l’Âkasha, ils redeviennent Un.
CANDIDE :Maître, ce « paradis » si désirable, représente donc cette totale fusion avec Dieu ?
LE MAÎTRE :Oui, Candide, c’est le retour à notre véritable foyer.
CANDIDE :Retourner et être confondu en un tout indescriptible, perdre toute individualité, tout souvenir des personnes que nous avons aimés sur terre : femme, enfants, parents, amis, tout cela m’apparaît soudainement bien triste !Vu ainsi, la vie sur terre me paraît plus intéressante !
LE MAÎTRE :Tu ne connais pas la joie d’être dans l'Un. Ce n’est pas l’amour de notre femme, de nos enfants, de nos parents, de nos amis, de notre prochain que nous aurons en nous, mais un amour tellement plus complet dont nous n’avons aucune idée sur cette terre. L’amour que nous pouvons ressentir ici-bas n’est qu’une pâle copie de ce que nous éprouverons alors. Il n’y aura pas l’amour seulement, mais aussi la paix, la sérénité, le bonheur total, la connaissance parfaite, la sagesse infinie.
CANDIDE :Maître, je ne sais encore comment t’exprimer mon trouble, mais dis-moi, as-tu connu ce genre de paix, cette sérénité, ce bonheur ? As-tu connu la joie sur terre d’être dans l'Un ?
LE MAÎTRE :Sincèrement, non ! Tout au moins, pas dans sa plénitude. Peut-être certains sages l’ont connu réellement sur terre. Personnellement, je pense que l’on peut en avoir une idée lorsqu’on :
_ à rendu heureux quelqu’un.
_ est paisible suite à une profonde méditation.
_ressent l'amour pour tout être.
En fait, chaque fois que nous vainquons notre enveloppe charnelle et libérons le meilleur de nous ; ce sont-là de véritables moments de pleinitude dans l’Un ou Dieu.
La Libération, c'est quoi ?
CANDIDE : Maître explique-moi, dis-moi ce qu’est la libération et qu’advient-il après ?
LE MAÎTRE :Différentes écoles donnent différents points de vue sur ces questions. Cependant tout comme Dieu, la Libération est indéfinissable ; car c’est être Lui et participer à tous ses instants comme la moindre de tes cellules contribue à chaque instant à la vie de ton corps. Le langage est trop pauvre pour exprimer ce genre de connaissance.C’est l’histoire de la tortue et du poisson. La tortue dit au poisson :
_ Bonjour, mon ami le poisson.
Le poisson lui répond :
_ Bonjour, mon amie la tortue. D’où viens-tu ?
_ Je viens de faire une promenade sur la terre !
_ Tu veux dire que tu viens de nager sur la terre ?
_ Non, sur la terre, on ne nage pas !
_ Allons c’est impossible, sur la terre, il y a forcément de l’eau, des vagues et on ne peut qu’y nager !
Et la tortue ne put trouver les mots pour expliquer à son ami le poisson que sur terre, on ne nage pas mais que l’on marche.
CANDIDE :Oui, je comprends... Mais si chaque religion ou philosophie ou écoles initiatiques parle de manières différentes de Dieu et de notre état lorsque nous serons près de Lui ou en Lui, n’est-ce pas l’aveu de leur ignorance ?
LE MAÎTRE :Chaque maître essaie de se rapprocher de Dieu à sa manière. Et lorsqu’il reçoit ses lumières, il chante ses louanges, selon l’illumination reçue par Lui. De grands compositeurs ont chanté l'amour. Chacune de leurs œuvres sont différentes et pourtant toutes sont un hymne en son honneur.
Comme disent les hindous, à la fin de chaque cycle, même Brahmâ, Vishnu et Shiva disparaissent. Prâna et Âkasha faisant Un, et reformant l'Un. En ce jour, nous connaîtrons.
CANDIDE :Maître, parle-moi encore de Dieu, afin de mieux le connaître, j’ai l’esprit confus.
LE MAÎTRE :Bien. Alors écoute. La naissance, la vie, la mort nous démontre que tout est création, conservation et destruction. De cette Loi, les hindous ont déduit que Dieu est Créateur, Protecteur (ou Conservateur) et Destructeur. Le mot « Destructeur », appliqué à l’Un ou Brahmam ou Dieu, ne doit pas te choquer ! Pour être plus précis Dieu est Créateur quand il passe de l’unité à la multiplicité ; conservateur quand il maintient la multiplicité et destructeur quand il passe de la multiplicité à l’unité. C’est pourquoi à chaque nouveau cycle le Brahman donne naissance à trois Dieux : Brahmâ le Créateur, Vishnu le Protecteur ou Conservateur ou Sauveur et Shiva le Destructeur ou plutôt celui qui détruit la multiplicité par le retour à l’unité. C’est pourquoi le Brahman est représenté par le symbole de la Trimûrti : trois têtes représentant Brahmâ, Vishnu et Shiva dans un seul corps.
Brahmâ crée la multiplicité, c’est lui qui nous chasse du Paradis ou de l’Unité pour nous précipiter dans la dualité.
Vishnou protége, inspire l’homme au cours de sa vie et lui fait entrevoir les vérités ; il descend sur la terre pour répandre la loi et la parole chaque fois que cela se révèle nécessaire.
Shiva à chaque fin de cycle intervient pour détruire la multiplicité et recréer l’unité en Brahman ; en conséquence il est destructeur et re-créateur et si Brâhma nous chassa du paradis, Shiva nous y ramène !
Parce que tout provient du Brahmam, les Orientaux ont une compréhension bien différente par rapport aux Occidentaux du bien et du mal. En effet, pour ces derniers, le bien vient de Dieu et le mal du Diable. Pour les Hindous, le bien et le mal sont des éléments, des forces complémentaires nécessaires pour donner, à la multiplicité, naissance et continuité.
CANDIDE :Maître, il m’est difficile de croire que le mal puisse venir de Dieu. De Lui, ne peut venir que ce qui est bon et juste. La lumière et les ténèbres ne peuvent coexister ensemble. Une source ne peut donner de l’eau pure et douce et en même temps amère et corrompue. Si le bien comme le mal remonte à Lui, le mal du monde vient de Lui.Dans ce cas, dans qu’elle mesure les hommes seraient-ils coupables du mal quel qu’il soit ?
LE MAÏTRE :Nous aurons l’occasion d’en reparler.
Questions sur l'UN ou DIEU
CANDIDE : Maître, j’ai médité ton enseignement du deuxième jour sur la personnalité de Dieu et l’état de libération. J’ai rapproché dans cette réflexion l’enseignement du premier et du second jour. Je dois t’avouer ma grande confusion.
LE MAÎTRE : Parle, je t’écoute.
CANDIDE :D’après l’enseignement du second jour, Dieu, avant d’inaugurer un cycle était au repos en lui-même. Il était Un, énergie et matière confondues, le Prâna étant intégré à l’Âkasha. Puis Dieu est passé de l’un au multiple créant toute forme de vie : minérale, végétale, animale et humaine. Tu me dis que cette vie est une vallée de larmes, une illusion permanente et qu’à travers la multiplicité de l’apparence nous devons retrouver l’unité originelle. Voici ma question : Cette tragédie, cette vallée de larmes qu’est la vie pour l’hindouisme par qui a-t-elle été voulue sinon par Dieu lui-même ?
LE MAITRE :Comment cela ?
CANDIDE :Cette chute de l'Un au multiple ne peut être imputable qu’à Dieu lui-même puisque Dieu seul existe. Si Dieu se trouvait bien en lui-même pourquoi tout ce gâchis, pourquoi se multiplier à l’infini, prendre toutes les formes minérales, végétales, animales et humaine ; ensuite souffrir à travers toutes ces âmes qui sont un schisme, de l’Ame universelle ?Maître veux-tu me répondre !
LE MAÎTRE :C’est une question bien difficile que tu me poses et il n’y a pas de réponse catégorique. [1] « Pour un occidental, l’une des premières questions qui se posent est évidemment la suivante : pour quelles raisons, Dieu, dans sa perfection et sa pureté originelle et nouménale, peut-il avoir voulu descendre dans la relativité phénoménale, ou accepté d’y descendre ? Se plaçant sur un terrain purement logique, les hindous répondent : la question « pourquoi ? » ne peut se soulever que dans le domaine où règne la causalité, c’est-à-dire dans l’état de conscience de la multiplicité nécessaire à cette causalité. Hors des dualités, elle ne peut se poser. C’est donc un non-sens, une lourde faute de logique, que de demander : « Pourquoi les dualités ont-elles pris naissance ? » Et il faut reconnaître que l’argument ne manque pas de force, même s’il ne satisfait pas nos aspirations profondes, que nous habillons d’un souci de logique fort mal ajusté. »
CANDIDE :Maître, pardonne-moi, mais cette réponse ne peut me satisfaire car ma question reste sans réponse. Karl Max à propos de la création de l’homme et de la nature, répondit de la même manière disant qu’une telle question provenait d’une abstraction. Il développa son argumentation de la manière suivante.
« ... Demande-toi comment tu viens à cette question. Demande-toi si ta question ne provient pas d’un point de vue, auquel je ne puis apporter de réponse, parce que c’est un faux point de vue, un point de vue absurde. En effet, lorsque tu poses la question de la création de la nature et de l’homme, tu fais abstraction alors de l’homme et de la nature. Tu les poses comme non-existants, et tu veux que je t’en établisse l’existence. Je te dis seulement : laisse là ton abstraction, et alors ta question tombera d’elle-même. Mais si tu veux absolument t’en tenir à ton abstraction, alors sois conséquent avec toi-même ; puisque tu prétends penser l’homme et la nature comme non existant, alors pense-toi toi-même, comme non-existant, car toi aussi tu es Nature et Homme. Si tu ne parviens pas à te penser non-existant, eh bien ! Ne m’interroge pas non plus au sujet de la création ».
Ces deux réponses sont semblables, l’une provenant d’un matérialiste, l’autre de toi qui est un Maître de la religion hindoue. Pour toi aussi, tout comme pour Karl Max, cette question devient une abstraction. C’est ma question et j’aimerais tellement avoir une réponse, car je ne comprends pas le déclenchement d’un tel processus de la part de Dieu.
LE MAÎTRE :Je comprends, ton problème. Mais mon esprit est clair à ce sujet. Par conséquent, ce problème devient ton problème et c’est à toi à trouver une réponse. Je vais toutefois t’aider.Dans certains upanishad, il est dit que Dieu en lui-même s’ennuyait et ne prenant pas plaisir créa la multiplicité.
Il y a d’autres explications... « [2]L’univers n’est pas seulement une formule mathématique destinée à élaborer la relation de certaines abstractions mentales appelées nombres et principes pour aboutir finalement à un zéro ou à une entité vide ; il n’est pas non plus simplement une opération physique incarnant une équation de forces C’est la joie d’un Dieu amoureux de lui-même, le jeu d’un enfant, l’inépuisable multiplication de soi d’un poète enivré par l’extase de son propre pouvoir de création sans fin.
... C’est choses sont des images, mais tout est image. Si l’idée embrassant la force, engendra les mondes, la joie d’être engendra l’idée. C’est parce que l’infini conçut en lui-même une joie innombrable que les mondes et les univers prirent naissance. La conscience d’être et la joie d’être sont les premiers parents. Elles sont aussi les ultimes transcendances. L’inconscience est seulement un intervalle d’évanouissement de la conscience ou son obscur sommeil ; la douleur et l’extinction de soi ne sont que la joie d’être se fuyant elle-même afin de se retrouver ailleurs et autrement. La joie d’être n’est pas limitée dans le temps ; elle est sans fin ni commencement. Dieu sort d’une forme seulement pour entrer dans une autre. Après tout, qu’est ce Dieu ? Un enfant éternel jouant à un jeu éternel dans un éternel jardin ».
CANDIDE :Ce que tu viens de dire est très poétique, mais me plonge davantage dans la confusion. Si Dieu s’ennuyait en lui-même au commencement, cela veut dire que cet état appelé libération devient ennuyeux à la longue.Alors pourquoi le rechercher dans cette vie, puisque Dieu le quitta par ennui. Un Dieu qui s’ennuie n’est pas un Dieu car l’ennui ne peut être éprouvé que par l’homme. Si Dieu a fui l’unité par ennui pour aller à la multiplicité, ce serait par intérêt personnel et donc il serait égoïste. L’égoïsme ne peut provenir de Dieu ! L'Un pour échapper à l’ennui aurait plongé l’homme dans la conscience des dualités, dans cette vallée de larmes où il doit rechercher par la souffrance de nouveau la voie de l’unité ? Quand on considère l’histoire du monde avec son long cortège de guerres, injustices, iniquités, malheurs, chagrins, détresses, cela paraît absurde, inutile et criminel ! Il ne peut en être ainsi, l’ennui ne peut pas être la raison ayant poussé Dieu à créer les êtres et les mondes.
Quand tu ajoutes que : « Dieu sort d’une forme seulement pour entrer dans une autre. Après tout, qu’est ce Dieu ? Un enfant éternel jouant à un jeu éternel dans un éternel jardin » ; Je ne peux pas Le reconnaître dans cette description. Ce Dieu serait irresponsable. Il ne peut pas être un enfant jouant à un jeu éternel, dans un jardin éternel. On imagine trop un enfant, s’amusant dans sa chambre avec ses soldats de plomb, faisant mourir les uns ; donnant la victoire à d’autres, et à la fin de son amusement d’un revers de main, s’en débarrasser de tous.
Et surtout quand tu as dis : « C’est la joie d’un Dieu amoureux de lui-même, le jeu d’un enfant, l’inépuisable multiplication de soi d’un poète enivré par l’extase de son propre pouvoir de création sans fin... » dans cette description, je vois un apprenti sorcier narcissique, qui crée sans aucune vision des conséquences de ses actes, ne cherchant que son propre plaisir.
Je crois que Dieu est un Être plein d’amour, miséricorde, justice, vérité. Qu’il est un Père veillant sur nous et ayant un merveilleux projet pour nous qui sommes ses fils et ses filles.
LE MAÎTRE :Candide, je comprends ton désarroi. Dans ce monde d’illusions, il y a des questions, qui restent sans réponse. Nous devons l’admettre. Ce sont certainement des réponses qui ne peuvent être connues que dans la réalité de l’unité. Ce sont des lieux, des territoires où il ne faut pas s’aventurer. C’est ce que recommandait le Bouddha, lorsqu’il le recommandait :
« .... N’essayez pas de mesurer l’Incommensurable avec des paroles, pas plus que de plonger la corde de la pensée dans l’Impénétrable. »
CANDIDE :Pourtant, ce sont des questions essentielles ! …Il me vient une pensée. Nous sommes tous une parcelle de Dieu, prisonnière de notre corps et aliénée dans un monde d’illusions. Mais lorsque nous souffrons, c’est Dieu qui souffre puisque nous sommes une partie de lui-même. Pour libérer notre âme et retrouver l’unité, nous devons pratiquer la compassion. Qui nous demande de pratiquer l’amour ? Les sages, les gourous qui en ont reçu l’illumination !Mais cette illumination, de qui l’ont-ils reçue ? En principe, de Dieu qui est en eux. Par conséquent si Dieu nous demande de donner l’amour, ce n’est pas pour nous, c’est pour lui-même puisque tout est lui et tout retourne à lui. Ce n’est pas donc un Dieu désintéressé, compatissant mais un Dieu égoïste. Un tel Dieu ne peut pas être Dieu.
Ainsi l’Un était dans un état de paix et de bonheur, puis il s’est ennuyé. Il décida donc, de souffrir le cauchemar de l’illusion, de prendre une enveloppe minérale, végétale, animale, humaine, de subir toutes les douleurs, physiques, mentales spirituelles puis après une douloureuse et longue période, de retourner à nouveau au point de départ.Dieu est-il masochiste pour agir de la sorte ? Cela paraît aberrant comme projet. Dans un tel but, il n’y a pas de finalité, pas de progression, ni pour Dieu, ni pour nous qui sommes une individualité temporaire destinée à retourner à l’unité originelle.
Maître, je ne comprends plus. Finalement lorsque j’étais athée c’était beaucoup plus simple. Pourtant je continue à croire qu’il y a un Dieu, mais qui est-il vraiment ? Quel est son projet pour nous ? Il ne peut que désirer notre ascension vers Lui ? …
Lors du deuxième jour de ton enseignement, tu m’as dit que Dieu possède en lui trois fonctions ou activités : celle de créateur, conservateur et destructeur. Ainsi Dieu par sa fonction créatrice, crée la multiplicité de sa personne et sa propre souffrance à travers toute sa création ; par son aspect conservateur se guérit de sa souffrance, et par son aspect destructeur, détruit sa création qui est la multiplicité en retournant au point de départ. Ceci est un cycle ou un kalpa. Puis Dieu se repose en lui-même et après une période de repos, inaugure un nouveau cycle et ceci depuis toujours et à jamais. C’est bien cela maître ?
LE MAÎTRE :Oui !…Tout à fait.
CANDIDE :Maître, cela me fait penser à un homme en pleine santé. Il s’inocule un poison, puis après avoir longuement souffert et sentant la fin venir, appelle son voisin. Ce dernier, rempli de compassion, appelle un médecin qui administre aussitôt un anti-poison. Que penserait-on d’un tel homme ? Qu'il est insensé ! N'est-ce pas ? …
Imaginons qu’un tel homme, une fois en bonne santé recommence quelque temps après ? Il faudrait alors l’enfermer pour le soigner énergiquement. Pourtant, on pourrait comparer l’homme en bonne santé à Dieu en lui-même dans son unité. L’homme qui s’inocule le poison et souffre à Brahman créant la multiplicité. Le voisin venant au secours de l’homme souffrant, à Vishnou. Le médecin redonnant à l’homme la bonne santé, à Shiva… Maître, un tel projet sans fin et sans résultat serait absurde. Je me souviens d’un poème au lycée :
« ... Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage puis est retourné chez lui plein d’usage et de raison, vivre entre ses parents le reste de son âge. ». Ulysse est parti puis est revenu à son point de départ, mais il est revenu avec un acquis important : il est rentré heureux, plein d’expériences. Il a connu de nombreux pays, des aventures extraordinaires, traversé des mers. Partir ; en valait la peine. Mais dans ces cycles de création et de destruction sans fin où est l’avantage, l’intérêt, le but, la progression ?
LE MAÎTRE :Ce n’est pas parce que tu ne vois pas ce but ou parce qu’il ne peut s’énoncer explicitement qu’il n’est pas réel. Un jour nous connaîtrons le pourquoi et le comment. Si ce n’est pas dans ce monde de l’illusion, ce sera sûrement dans celui de l’unité originelle où nous aurons toute connaissance.
CANDIDE :A-t-on posé ces questions à un libéré-vivant ? A-t-il apportait une réponse ?
LE MAÎTRE : Pas à ma connaissance !
CANDIDE :Toute notion individuelle ayant disparu, étant comme des gouttes d’eau dans l’océan formant l’océan, comment saurais-je ? Un simple atome de mon corps a-t-il la notion de ce que je pense, de ce que je dis, de ce que je fais ? Comment saurons-nous dans un monde où il n’y aura plus la notion de JE, de TU, de IL, de NOUS, de VOUS, de ILS. Un monde sans aucune relation avec autrui doit être ennuyeux et cela ne m’étonne pas qu’un jour Dieu s’ennuya. La libération ou nirvana serait à la longue : tristesse, lassitude, ennui ? … Maître lors de l’enseignement du premier jour tu m’as enseigné par l’image de la source.
LE MAÎTRE :C’est exact Candide.
CANDIDE :Tout compte fait, je préfère être la source avant qu’elle ne se fonde dans l’océan : son existence est plus intéressante, surtout plus utile. Quelle sera notre mission dans ce grand tout inconnu et indescriptible dont les sages d’orient chantent les louanges mais en ignorent les tenants et les aboutissants, l’accomplissement et la réalité ? Une vie bien remplie sur terre ne serait-elle pas préférable à cette libération ?
LE MAÎTRE :Tu es en chemin et tu voudrais être à l’arrivée… Apprends la patience par la méditation.
[1] Spiritualité hindoue de Jean Herbert page 103 et 104
[2] Spiritualité hindoue de Jean Herbert page 104
Le bien et le mal
CANDIDE : Maître, lors de l’enseignement du deuxième jour, tu as dit que les Occidentaux ont tendance à attribuer le bien à Dieu et le mal au Diable. Du point divin le bien et le mal ne sont que des forces semblables et complémentaires dont le jeu et le déséquilibre donnent naissance à la multiplicité. Ainsi, les hindous font remonter le bien et le mal à Dieu.
LE MAÎTRE : Oui ! C’est exactement ce que je t’ai enseigné.
CANDIDE : Dans ce cas, dans qu’elle mesure les hommes seraient-ils coupables du mal quel qu’il soit ? Il est dit dans toute religion que Dieu encourage le bien et entrave le mal.Si cela est vrai, il y a contradiction. Comment, Dieu peut-il entraver le mal, si le mal provient de Lui ? Dieu serait-il divisé contre lui-même ? Ce qui est divisé n’est pas de Dieu, car tout ce qui est divisé est voué à la destruction et à la disparition.Or Dieu par définition est éternel, omniscient, omnipotent. Si Dieu combine en lui-même le bien et le mal serait-il à la fois Docteur Jekyll et Mister Hyde ? …
Une pensée me vient à l’esprit. Comment les sages et les gourous savent-ils que pour atteindre la libération, il faut être un disciple zélé de la compassion ? Si le bien et le mal du point de vue divin ne sont que des forces semblables et complémentaires, pourquoi le mal ne serait-il pas un moyen d’atteindre la libération ? On pourrait penser que tuer son prochain est un acte d’amour permettant à l’innocent assassiné de ne plus renaître en accédant automatiquement à la libération. Après tout, on explique bien que les animaux sacrifiés à l’époque védique étaient assurés de renaître humains ! Si le mal est un moyen divin, on pourrait très bien imaginer que dans ce cycle, le bien est à l’honneur, et qu’au prochain dans un souci de justice, ce sera au tour du mal. Pourquoi pas ?
LE MAÎTRE : Pour l’Occidental « oui » est « oui » et « non » est « non » ; jamais « oui » ne peut être « non » et vice-versa. Pour l’Oriental, le « oui » glisse vers le « non » et le « non » vers le « oui » ; il n’y a pas d’opposition tranchée entre les deux, la nature de la vie le veut ainsi.[1]. Il y a beaucoup à apprendre de l’attitude orientale pour mieux appréhender la vie et les choses.
CANDIDE : Maître, je veux bien ! Pardonne mon impulsivité … Une autre pensée me vient à l’esprit. À chaque fin de cycle, toute la création est détruite et retourne à l’unité : règne minéral, végétal, animal et humain. Tout sans exception. Autrement dit que je fasse le bien ou le mal, au plus tard à la fin d’un cycle, je retournerai en l’Un tout aussi sûrement que celui qui aura fait le bien. Cela me rappelle une chanson de Michel Polnareff dans les années 1960, qui disait « Nous irons tous au paradis... même moi ». Est-ce cela la justice de Dieu ? À la fin, quoi que nous ayons fait pendant nos innombrables vies nous serons tous rétribués de la même manière ? Dans tel cas, où est la justice divine ? La loi du karma qui est une loi de juste rétribution devrait s’accomplir, non seulement dans le cycle en cours mais à travers tous les cycles antérieurs, présents, et futurs…
Mais encore, dis-moi, comment les sages savent-ils que ce monde n’est qu’illusion ?Le savent-ils par eux-mêmes ? Le savent-ils par révélation ? Quelles preuves en ont-ils ?
LE MAÎTRE : C’est par la connaissance de toi-même que tu pourras répondre à ces questions. Souviens-toi : le microcosme est à l’image du macrocosme. Ton âme étant semblable à l’âme universelle, si tu la connais parfaitement, tu connaîtras l’âme universelle.
CANDIDE : Maître, si le microcosme est à l’image du macrocosme et si ce qui est en bas est à l’image de ce qui est en haut, alors ce qui est en haut est aussi pure illusion puisque tu m’enseignes que tout dans ce monde est illusion.
LE MAÎTRE : Oui, tout sauf l’âme ou atman, qui est pure essence de Dieu. Les découvertes de la science, concernant la structure de l’atome, donnent raison à ce concept qui affirme que tout est illusion. Là où nos yeux voient le plein, il y a le vide ; chaque atome rempli de vide est semblable aux distances considérables qui séparent les univers. Nous sommes donc du vide ! Il est dit que s’il était possible de rassembler uniquement les noyaux d’atome constituant chaque être, l’humanité entière représenterait le volume de quelques grains de riz. Ainsi, nous sommes une illusion ! La doctrine orientale vieille de milliers d’années se justifie.
CANDIDE : Mais ce n’est pas parce que nous sommes surtout du vide que nous sommes une illusion. Même si l’humanité tout entière se réduit à quelques grains de riz « pleins », elle représente une réalité tout de même. Dieu nous donna la réalité qui convient le mieux à notre réalisation divine. Nous sommes donc une réalité et tout est donc réalité et non illusion…
D’ailleurs, si on pousse le raisonnement plus loin, l’illusion ne peut exister que dans l’esprit de l’homme car le monde créé par Dieu ne peut être que réalité. Pourquoi ? Parce que le vide ne peut exister, ce vide qui sépare les atomes et les univers n’est pas du vide : c’est l’ énergie, l’esprit du Tout-puissant, sa Lumière qui imprègne toute chose. Donc ce vide n’est pas du vide, c’est du plein puisque c’est plein de Dieu. Alors le vide n’existe pas, ni l’illusion, ni l’illusion du vide. Tout est réalité car réalité de Dieu…
LE MAÏTRE : C’est un point de vue intéressant !
CANDIDE :Maître, pardonne-moi, mais ce que tu m’as enseigné jusqu’à ce jour, prouve qu’aucun sage ne connaît Dieu, puisque tous apparemment disent qu’Il est inconnaissable ! D’ailleurs ne l’appelle-t-il pas CELA, un pronom démonstratif désignant quelque chose d’indéfini !
Aucun ne connaît véritablement son but, puisque aucun de donne une explication suffisamment compréhensible de son passage au multiple, puis du multiple vers l’unité et cela sans discontinuer. Personne ne sait ce qu’est la libération car tous les sages en parlent en termes élogieux, sans savoir ce qu’elle est véritablement. J’ai lu ceci : [2]« Pourquoi la Divinité nous laisserait-elle commettre de nombreuses erreurs, et plus encore de fautes, qui nous condamnent à renaître encore et encore, pour en subir les conséquences ? Et pourquoi, après avoir souffert ces dures existences, les hommes devraient-ils disparaître dans le Brahman _autrement dit Dieu _ aussitôt qu’ils auraient perçu expérimentalement leur nature divine ? Quel en serait l’intérêt pour la Divinité ? Celui d’observer comment nous allons faire, au cours de multiples et pénibles incarnations, pour nous dépêtrer de cette matière qui nous masque notre nature divine et nous empêche de réintégrer au plus vite le sein du Père ? Jeu pervers, expérience de laboratoire, inconcevable chez un Etre, par essence, infiniment supérieur à l’homme ! » .
Oui, ce serait un jeu pervers ! Pour moi inconcevable ! Pourtant peut-il en être autrement ? Krishna ne dit-il pas que le monde est un jeu, qu’Il s’offre pour son propre divertissement ? …
LE MAÎTRE : Tu t’attaches trop aux mots ! Krishna s’exprime souvent métaphores poétiques.
Extraits « Candide et l’Hindouisme » de Victor OJEDA
[1] Les religions orientale de René GIRAULT page15
[2] Olga Kozak Bouddha, le Christ ... Quelle voie ? page 118
Les dieux hindous
CANDIDE : Maître, éclaire-moi sur la multiplicité des dieux hindous. J’avoue que je suis perdu et j’aimerai comprendre. Tu m’as enseigné que Dieu est le seul Véritable. Que les trois aspects de ses manifestations ont été symbolisés par les trois dieux principaux de l’hindouisme : Brahmâ le créateur, Vishnu le conservateur et Shiva le destructeur. J’aimerais comprendre :
Est-ce que Brahmâ, Vishnu et Shiva sont-ils simplement des conceptions purement humaines pour aider l’homme à mieux comprendre Dieu ?
Ou sont-ils des dieux à part entière ayant forme, personnalité et justifiant ainsi un culte personnel ?
Je suis complètement désorienté par la conception des dieux dans l’hindouisme. On peut croire tantôt à un aspect de la manifestation divine, tantôt à une conception purement humaine, tantôt à une réalité de ces dieux, tantôt les trois à la fois. Ces trois possibilités glissent les unes vers les autres, s’entremêlent, se superposent. Qu’en est-il exactement ?
LE MAÎTRE : Il me sera difficile de te répondre exactement. Car tout n’est pas simple « oui » ou simple « non ». Dieu peut créer divers dieux pouvant revêtir d’innombrables formes et les faire retourner à leur état primitif et véritable car tout Lui est possible.
Tout ce qui nous entoure représente une manifestation de la puissance du Brahmam absolu et l’homme reste sa plus haute projection dans le monde de la multiplicité. Dieu de par sa perfection reste inconnaissable. Pourtant à travers toutes ses expressions qui sont comme des facettes en nombre infini de sa personnalité, nous pouvons le connaître en partie. Les hindous l’envisagent à travers ses œuvres sous deux aspects principaux :Transcendant et immanent.
Adorer Dieu dans son aspect transcendant, c’est le rapprocher de nous concrètement en lui donnant des formes humaines ou animales ou symboliques représentant ses attributs ; C’est se créer des dieux personnels que les hindous appellent : Ishvara. C’est à partir de cette conception qu’est né le panthéon hindou aux trois cent trente-trois millions de dieux, chiffre symbolique exprimant l’idée que les dieux ne sont limités que par l’esprit humain.
Adorer Dieu dans son aspect immanent, c’est l’éloigner de nous par son aspect abstrait, mais en même temps c’est le rapprocher car nous l’adorons en esprit : Dieu est si grand qu’Il emplit tout l’espace et peut se faire si petit qu’il peut loger dans le cœur de chacun.
CANDIDE : Maître, c’est bien cela ? Tu viens de me dire, que les dieux hindous sont inventés et donc pure conception humaine, dans le but de mieux connaître l’Un ?
LE MAÎTRE : Oui, dans une certaine mesure !
CANDIDE : Cette forme d’adoration n’est-elle pas de l’idolâtrie, forme dégénérée de la vraie religion et de la véritable connaissance de Dieu ? J’ai lu que les brahmanes qui possédaient la vraie connaissance avaient une conception abstraite de Dieu alors que le peuple par principe plus ignorant adorait ces multitudes de dieux façonnés par la main de l'homme.
LE MAÎTRE : Si ces dieux sont pure conception humaine, tu vas trop vite en besogne quand tu dis que cette manière d’adorer est une forme dégénérée de la vraie religion. Tout ce qui rapproche de l'Un doit être tenu en grand respect.
Un sage [1]« exprimait une idée foncièrement hindoue lorsque, questionné sur la possibilité d’une religion universelle, il répondit, au grand étonnement de ses auditeurs, que l’idéal n’était pas une religion uniforme à laquelle tous les hommes devraient se soumettre, mais autant de religions que d’individus. Autant d’hommes autant de dieux. Les hindous ont reconnu là une vérité découlant des limitations de l’humanité, de son caractère non infini, de l’étroitesse de ses points de vues. »
CANDIDE : Maître, tout cela est bien dit. Cependant, dire que Dieu est inconnaissable et l’adorer dans sa forme abstraite qui est l’unité ou l’adorer par une multitude de représentations ou de conceptions humaines prouve finalement l’ignorance de Dieu de la part des sages et finalement des hommes. Une véritable connaissance de Dieu éviterait toutes ses profusions de dieux et de doctrines. Les lois physiques sont universelles, chaque peuple, chaque homme les utilise, les subit d’une manière identique. Alors pourquoi une religion qui garantirait la connaissance parfaite de Dieu, ne serait pas une religion universelle ?
LE MAÎTRE : Ton point de vue se défend, malheureusement les faits dans le monde avec toutes les croyances, toutes les religions, toutes les philosophies prouvent le contraire.
CANDIDE : Quand les religions se contredisent comment faire pour savoir laquelle détient la Vérité ?Toutes à la fois ne peuvent pas avoir raison.
LE MAÎTRE : Toutes contiennent une part de la vérité. Peut-être qu’assemblées et apurées, elles constitueraient la Vérité. Mais n’oublie pas que nous sommes dans le monde de l’illusion et que nous poursuivons l’illusion de la vérité. Par conséquent, ce que nous devons faire dans cette vie, c’est rechercher la meilleure voie sachant que la voie parfaite n’est pas de ce monde. Dieu à la fin de notre existence, par notre karma, jugera. Faisons-lui confiance !
CANDIDE : Permets-moi de revenir sur les dieux hindous et laisse moi te citer une écriture :
[2] « Dans le Vihnou-Purâna, Vishnu dit à Shiva : Ceux qui sont la proie de l’ignorance Me considèrent comme distinct de Toi ».
Si je comprends bien, ce serait donc pure ignorance de distinguer Vishnu et Shiva et Brahmâ car ils sont un seul Dieu. Alors pourquoi représenter Dieu, par une multitude de dieux. Ai-je tout à fait tort quand je dis qu’une religion qui met à la disposition de ses croyants une multiplicité de dieux représentant le seul vrai Dieu est une forme pervertie de la véritable religion.
LE MAÎTRE : Tes paroles sont très dures à l’égard de ces religions. Nous devons toujours pratiquer la tolérance sous toutes ses formes, vis-à-vis de toute chose, toute personne, tout concept. A priori nous ne devons pas dire qu’une religion est meilleure qu’une autre dans la mesure où elle rapproche son adepte de Dieu et le rend meilleur. Cette religion universelle dont tu parles, dans ce monde de la multiplicité et de l’illusion est certainement pure utopie. Dieu l’a voulu ainsi pour que nous puissions développer en nous une qualité essentielle : celle de la tolérance et de la compassion. Aussi, vivons avec ce que notre monde nous offre en pratiquant les vertus essentielles.
CANDIDE : Ta tolérance, ta compassion pour toute chose est un exemple pour moi... Mais permets que je revienne à nouveau sur les dieux. Vishnu, en particulier peut condescendre à prendre forme humaine et même animale pour aider les hommes. Alors par moments je ne comprends plus. On dit qu’ils sont pure conception et puis les voilà personnages réels investis d'une mission.
LE MAÎTRE : Tout cela est symbole et ne doit pas être considéré à la lettre. À Dieu tout est possible. [3] « Le Brahman indifférencié, ou Dieu ou l'Un, est comme la matière que l’on appelle argile, considérée en soi et indépendamment de tous ses usages que l’on peut en faire, de toutes les formes qu’elle peut prendre. Les divers dieux, au contraire, sont les noms génériques de tous objets en argile qui existent, articles façonnés ou blocs à l’état brut. Il y a bien identité entre l’un et l’autre, en ce sens que l’on ne peut jamais isoler l’un de l’autre, mais tandis que l’argile en soi n’a pas de forme et par conséquent qu’on ne saurait se la représenter, la dessiner ou la photographier, on peut prendre en main, examiner, étudier un objet d’argile. Et c’est la connaissance de cet objet qui peut seule développer en nous la connaissance de l’argile comme telle. »
Autrement dit si l'Un peut prendre toutes les formes de la multiplicité à travers le règne minéral, végétal, animal et humain, il peut prendre forme dans tous ces dieux conçus par l’esprit et le cœur de l’homme en vue de mieux le comprendre et l’adorer.
Je voudrais prendre un exemple : Ganesha, est un Dieu à tête d’éléphant. Il est le fils de Shiva et de Pârvatî, son épouse. Symboliquement il représente, d’une part, la force spirituelle par rapport à la confiance dans l’intelligence humaine et d’autre part, la réussite de l’homme dans toutes ses bonnes entreprises. Aussi ce dieu est adoré et sollicité par une majorité d’hindous qui se mettent sous sa protection afinde faire aboutir leurs demandes. Pourtant à première vue, ce dieu dans son apparence est grotesque… À travers tout cela, je veux en venir au fait suivant : Dieu pourrait apparaître sous la forme de ce dieu à un de ses adorateurs s’il le juge digne par sa dévotion à recevoir une telle manifestation divine.
CANDIDE : Maître, on est en pleine supposition ! D’autre part si Dieu se présente sous la forme d’un homme à tête d’éléphant, n’est-ce pas tromper son adorateur sur sa véritable personne ? Pourquoi ne lui apparaîtrait-il pas dans sa véritable forme ?
LE MAÎTRE : Parce qu’il ne serait pas prêt à comprendre cette forme divine et cela ne lui servirait à rien.
CANDIDE : Ces dieux ne peuvent pas à la fois être réels et pure conception humaine !
LE MAÎTRE : Et pourquoi pas ?
CANDIDE : Alors, les hommes concevraient ces dieux dans leur esprit, et Dieu, les leur fabriquerait ?
LE MAÎTRE : C’est un peu cela. Les hindous croient que « [4] beaucoup des Dieux personnels, descendent sur terre et se mêlent aux hommes. Ils peuvent le faire par des apparitions sous formes surnaturelles, éblouissantes, avec des bras multiples et toutes sortes d’attributs, qui font qu’on ne peut se méprendre sur leur identité. Le plus souvent ils sont alors montés sur des chars d’or traînés par de célestes coursiers, ils sont couverts de joyaux et accompagnés de divinités secondaires qui leur font cortège. »
CANDIDE : Maître, on peut tout croire et n'importe quoi !
LE MAÎTRE : À Dieu tout est possible pour amener les hommes à lui. D’ailleurs, voici encore ce que croient les hindous : « [5] Si certains des dieux hindous personnels (Brahmâ, Shiva, Vishnou, la Mère Divine etc.) sont d’une condition, sinon d’une essence infiniment supérieure à l’homme, il en est d’autres pour lesquels la différence est loin d’être aussi nette. Nous avons vu que par la connaissance, la dévotion, les œuvres, les austérités, le sage acquiert des pouvoirs grâce auxquels il devient aussi puissant que certains des plus grands dieux (notamment Indra). Nous avons vu aussi que beaucoup de dieux, et même les plus grands condescendent parfois à prendre forme humaine, et même forme animale... Les âmes qui viennent occuper ces fonctions divines sont pour les hindous les mêmes que celles des hommes. C’est-à-dire qu’une même âme qui au cours de son évolution, a occupé des corps végétaux, animaux et humains, peut, avant même d’avoir atteint la libération, venir pendant un certain temps occuper un corps divin, quitte à revenir ensuite terminer dans un corps humain son ascension spirituelle. Le Bhâgavata-puranâ énumère toute une série d’hommes qui devinrent Indra et d’autres dieux. »
CANDIDE : Si l’âme des hommes peut renaître dans ces dieux, cela revient à dire que ces dieux ne sont plus un concept mais une réalité.Si j’ai bien compris :
Dans un premier temps, les hommes inventent, des dieux pour rendre Dieu accessible à leur compréhension.
Dans un second temps, Dieu crée dans les cieux, ces dieux de fiction.
Dans un troisième temps, l’homme adore et rend un culte approprié à ces dieux.
Dans un quatrième temps, Dieu donne à l’homme la possibilité de se réincarner en eux.
Maître, j’ai du mal à croire tout cela !
LE MAÎTRE : Les hindous croient en ces choses.
CANDIDE : Le Dieu de la Bible a donné le commandement suivant :« Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face, tu ne te feras point d’images taillées, ni de représentations quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre. Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point. »
LE MAÎTRE : Oui, Candide… Mais où veux-tu en venir ?
CANDIDE : Ce commandement de Dieu donné aux juifs et aux chrétiens est en totale contradiction avec la conception des dieux hindous et ferait des croyants hindous des idolâtres. Comment concilier ces différentes croyances et conception, si tout homme s’adresse en définitive au même Dieu ?
LE MAÎTRE : Je comprends ta question. Dieu s’adresse aux hommes en fonction de leur civilisation, niveau de compréhension et d’acceptation. Il leur donne selon ce qu’ils sont en mesure de comprendre ou de recevoir. Dieu pourvoit à sa manière pour chaque peuple, chaque époque et même pour chaque individu.
CANDIDE : Je n’ai plus de question, Maître.
Extraits « Candide et l’Hindouisme » de Victor OJEDA
[1] Spiritualité hindoue de Jean HERBERT p 286 et suivantes
[2] Spiritualité hindoue de Jean HERBERT p 289
[3] Spiritualité hindou de Jean HERBERT p 296
[4] Spiritualité hindoue Jean Herbert
[5] Spiritualité hindoue Jean Herbert p 298 et suivantes
La régression de l’hypnose
Chaque partisan de la réincarnation a son "dada" en matière de preuve. Stevenson par exemple ne fait pas vraiment confiance en l'hypnose :
Au début, des chercheurs consciencieux qui désiraient prouver la réincarnation utilisèrent l'hypnose pour aider les sujets à retourner au temps de leur vie antérieure (...). Malheureusement, leurs résultats, bien qu'encourageants n'ont pas été très concluants ; d'une manière générale, ils ont été décevants en raison principalement de la difficulté de contrôler l'accès du sujet à des informations contenues dans la personnalité antérieure .(1)
Effectivement, beaucoup de facteurs entrent en jeu dans l'hypnose. Des facteurs tellement importants.
Nous avons montré le lien fort existant entre l'opérateur et le sujet sous hypnose. Au point que lorsque l'on déclare au patient qu'un objet brûlant le touche au bras, une cloque de brûlure se formera à l'endroit même où l'on a appliqué une pression suggestive du toucher !
Ceci nous fait dire que l'hypnose fourni une hypothèse de travail au subconscient qui va gérer les suggestions reçues en fonction de mécanismes propres au sujet. C'est ce que démontrent les paroles que Moody propose d'enregistrer sur cassette pour s'auto-induire en hypnose et revivre quelques vies antérieures. Après plusieurs dizaines de minutes consacrées à la détente, et la mise sous hypnose proprement dite, nous lisons les suggestions suivantes :
Dans un moment, je vais vous demander d'utiliser le pouvoir de votre esprit et de votre imagination. D'imaginer que vous sortez de votre corps en vous élevant au-dessus de lui dans la lumière de cette belle journée. Jusqu'à un endroit où vous serez à plusieurs centaines de mètres au-dessus de votre corps.
De ce point, vous redescendrez lentement jusqu'à ce que vous soyez de nouveau sur la terre. Mais cette fois, quand vos pieds toucheront la terre, vous vous trouverez dans une vie précédente. Dans une expérience qui vous donnera vraiment l'impression que vous êtes dans une vie que vous avez eue dans le passé. Avant d'être né. Vous pourrez voir des scènes de votre vie.(2)
De ce point, vous redescendrez lentement jusqu'à ce que vous soyez de nouveau sur la terre. Mais cette fois, quand vos pieds toucheront la terre, vous vous trouverez dans une vie précédente. Dans une expérience qui vous donnera vraiment l'impression que vous êtes dans une vie que vous avez eue dans le passé. Avant d'être né. Vous pourrez voir des scènes de votre vie.(2)
Pas étonnant que le sujet évoque une autre vie ! Il aurait pu faire une cloque, ou imaginer qu'il marche sur la lune, si on le lui avait suggéré. Le rôle du manipulateur a été de placer la personne dans le bain d'une vie antérieure. Au subconscient du sujet de se dépêtrer avec les paramètres qu'on lui a dictés. Il ne se remémore pas les événements passés, il les invente en fonction de ce qu'on lui suggère.
Cet aspect de la créativité, mis en lumière par nombre de témoignages, est illustré par l'exemple du général Patton. Commandant des troupes stationnées en Afrique du Nord, en Sicile et en Europe lors de l'invasion qui devait vaincre Hitler, cet homme se croyait la réincarnation de l'un des généraux de Napoléon, d'un commandant de légion sous César, et d'un vaillant combattant sous Richard cœur de Lion lors de la troisième croisade.(3) Voici un homme convaincu de sa vocation ! Double conviction : celle d'être investi d'une mission historique actuelle et d'avoir été déjà investi, à la faveur de "ses" réincarnations, de missions analogues ! La soif de grandeur n'expliquerait-elle pas une telle conviction d'être... et d'avoir été ?
Il est très décevant de lire l'affirmation suivante de la plume d'un homme que l'on croit doué de raison :
Je connais très peu de cas où une expérience de vie antérieure ne recoupe pas d'une façon ou d'une autre un des problèmes de la vie actuelle (...)
L'inconscient est le plus grand créateur et le plus grand expérimentateur. Il peut s'emparer de nos rêveries et s'enfuir avec elles. Il peut nous aider à imaginer aussi bien la vie du prince de Galles que celle d'un policier en train de faire sa ronde (...). Quand la créativité de l'inconscient est sollicitée par l'hypnose, il peut nous entraîner dans des voyages magiques plus réels que nos rêveries (...)(4)
Si ces phénomènes ne sont qu'une invention de notre inconscient, pourquoi y croire ?! Plus loin encore, Moody nous demande d'avoir la foi pour arriver à nous souvenir des vies passées (p. 291). N'est-ce pas là le signe de l'activité créatrice de l'homme ? Le professeur Zolik a fait resurgir des vies sous hypnose. Puis, son sujet toujours sous hypnose, "Zolik parvenait à repêcher de leur mémoire les informations qui leur avaient servi à fabriquer la trame de leur histoire".(5) Rien de ce que nous avons vécu ne se perd ! Tout est répertorié, prêt à resurgir.
D'autre part, les récits évoquent toujours des pays ou des lieux célèbres, tels que la Grèce, Rome, l'Afrique, l'Inde ou le Tibet ou l'Atlantide. Mais pourquoi n'est-il jamais question de la Macédoine, de la Bithynie, ou du Liaoning par exemple qui exigent pour leur évocation des connaissances plus approfondies ? N'est-ce pas là le signe que l'esprit humain a fabriqué ces histoires de toutes pièces ?
Une parapsychologue Américaine ne s'en émeut pas. Elle admet que ces phénomènes sont tous issus de l'imagination créatrice. Elle utilise la régression des vies antérieures à cause de ses effets : "cela répond à plein de questions. Cela donne aux gens une perspective toute nouvelle (...). Cela donne de l'espoir, et je suis pour l'espoir".(6) L'espoir au prix du mensonge est indigne d'un conseiller. Ce n'est plus un espoir : c'est un piège.
Dans le même ordre d'idée, Denise Desjardin affirme : "Même si ce sont des imaginations, cela n'a pas d'importance pour la guérison des 'empêchements principaux' [à la voie spirituelle]... car ce n'est pas n'importe quelle invention, c'est la nôtre".(7)
Face à de telles affirmations, il serait stupide d'adopter une "politique de l'autruche". Ou l'expérience est authentique et alors la réincarnation existe ou elle est une fabulation créée de toute pièce par notre imagination. Si de l'aveu même des praticiens, l'hypnose amène nos pensées à inventer des scénarios, ces récits n'ont absolument aucune valeur de preuve.
La fiabilité de l'hypnose elle-même est en question. Peut-on obtenir des informations sûres dans cet état de conscience ? La science n'a pas encore très bien cerné la nature du phénomène. Il s'agit "d'une science neuve", "d'un quatrième état de l'organisme, actuellement non objectivable (à l'inverse des trois autres : veille, sommeil, rêve)."(8) On n'a pas non plus trouvé de corrélation entre la réceptivité à l'hypnose et les constantes physiques et psychiques des individus.(9) Personne ne sait ce qui se passe vraiment au plus profond d'un individu sous hypnose.
Mais des expériences montrent le flou des informations obtenues dans cet état, ainsi que la précarité des "guérisons" obtenues :
Bien que l'hypnose augmente la remémoration, elle augmente également les chances d'erreur. Au cours de l'étude, les sujets hypnotisés se sont souvenus de deux fois plus d'éléments que les membres d'un groupe de contrôle non hypnotisé, mais ont fait trois fois plus d'erreurs. Sous hypnose, vous créez des souvenirs.(10)
[Une clinique spécialisée dans les maux de tête à Chicago] dirigea une étude qui a découvert que sur les patients ayant appris à contrôler leur migraine par le biofeedback (technique de même nature que l'hypnose), deux tiers ont fait mention du développement de nouveaux troubles psychosomatiques dans les cinq années suivantes.(11)
L'inutilité de l'hypnose est encore une fois exposée par une expérience que Moody a tentée. Il a hypnotisé tout un groupe en même temps, et a fait "revenir en arrière" les membres du groupe pour leur faire découvrir "leurs vies antérieures". Ceci a donné des résultats très curieux :
A plusieurs occasions, un étudiant installé à une extrémité de la salle retrouva pratiquement la même vie qu'un autre étudiant, installé à l'opposé.(12)
Il n'est plus besoin d'épiloguer. Manifestement, ces deux étudiants n'ont pas vécu une même vie antérieure (!). Et à nouveau nous ne pouvons qu'observer la parfaite inutilité de l'hypnose pour soutenir l'hypothèse de la réincarnation. Parmi les enquêtes expérimentales, il ne reste que les techniques occultes, objet du chapitre suivant.
(1) I. STEVENSON, (I), p. 20-21.
(2) R. MOODY, (II), p. 319.
(3) M. RAWLINGS, (II), pp. 16-17 in N. L. GEISLER et J. Y. AMANO, p. 12.
(4) R. MOODY, (II), pp. 129, 192.
(5) J.-L. SIEMONS, (II), p. 80.
(6) J. BOETH, "In search of past lives : Looking at yesterday to find answers for today," Dallas Times Herald, 3 Avril 1983, H1 in N. L. GEISLER et J. Y. AMANO, p. 58.
(7) Citation reprise par P. DAYOT, p. 58.
(8) L. CHERTOK, p. 86 et 87.
(9) Encyclopaedia Universalis, Vol. 8, p. 680.
(10) E. STARK, p. 35 in N. L. GEISLER et J. Y. AMANO, p. 67.
(11) M. et D. BOBGAN, p. 46 in N. L. GEISLER et J. Y. AMANO, p. 60.
(12) R. MOODY, (II), p. 56
(2) R. MOODY, (II), p. 319.
(3) M. RAWLINGS, (II), pp. 16-17 in N. L. GEISLER et J. Y. AMANO, p. 12.
(4) R. MOODY, (II), pp. 129, 192.
(5) J.-L. SIEMONS, (II), p. 80.
(6) J. BOETH, "In search of past lives : Looking at yesterday to find answers for today," Dallas Times Herald, 3 Avril 1983, H1 in N. L. GEISLER et J. Y. AMANO, p. 58.
(7) Citation reprise par P. DAYOT, p. 58.
(8) L. CHERTOK, p. 86 et 87.
(9) Encyclopaedia Universalis, Vol. 8, p. 680.
(10) E. STARK, p. 35 in N. L. GEISLER et J. Y. AMANO, p. 67.
(11) M. et D. BOBGAN, p. 46 in N. L. GEISLER et J. Y. AMANO, p. 60.
(12) R. MOODY, (II), p. 56
Enseignementscomplémentaires sur la réincarnation
CANDIDE : Maître, lors de mon étude du premier jour, j’ai lu qu’il y a principalement deux doctrines dans ce qui transmigre réellement d’une vie à l’autre. La première dit : C’est l’atman principe impersonnel de l’individu et identique au Brahman universel. La seconde : C’est un élément qui garde sa personnalité et désigné sous des noms divers « homme », « principe vital », « homuncule invisible en raison de sa taille exiguë ».
Finalement :
_ Qu’est ce qui transmigre réellement d’une vie à l’autre ?
_ La libération est-ce la fusion de l’âme de l’homme dans l'Un comme la rivière devient océan lorsqu’elle entre à son contact ou bien l’âme dans la libération conserve-t-elle sa personnalité ?
LE MAÎTRE : Ce qui transmigre, qu’importe son nom ! C’est la partie réelle et non illusoire de l’individu. Pourquoi donc discuter sur sa dimension, sa longueur, sa largeur, sa profondeur sa couleur. Ce sont des choses invérifiables qui n'appartiennent qu’à l’Un. C’est perdre son temps en controverses stériles.
Quant à la libération : Est-ce la fusion totale de l’âme en Dieu avec perte de l’individualité ou la vie avec Dieu chaque âme gardant son individualité ? Difficile question ! Ce qui est certain, c’est qu’à la fin du cycle, l'Un va du multiple à l’unité, tout doit disparaître même Brahmâ, Vishnu et Shiva. Tout doit retourner à son unité et pureté originelle pour recommencer un nouveau cycle. Par conséquent en ce qui me concerne, je crois que la libération, c’est la fusion en l'Un. L’image de la source que crée l'Un tout au sommet d’une montagne et qui rejoint l’océan se confondant en lui et devenant lui est la représentation vivante et symbolique de ce que je crois.
CANDIDE : Maître, je n’ai plus de question.
LE MAÎTRE : Parlons de nouveau de la réincarnation. L’âme ou parcelle divine de Dieu se réincarne du règne minéral au végétal et du végétal à l’animal, pour aboutir finalement à celui d’humain. Les incarnations minérales et végétales sont nommées par les hindous : incarnations immobiles. Il est évident que dans ces incarnations, le mental reste inhibé. En ce qui concerne le règne minéral, une théorie hindoue parle de « l ‘âme-groupe » ; âme élémentale qui regrouperait un grand nombre « d’unités ». La réincarnation humaine est la plus importante, la seule permettant d’aboutir à la libération car c’est dans ce plan que le libre-arbitre atteint sa pleinitude d’expression. Afin d’épuiser plus rapidement le mauvais karma, les hindous croient qu’une âme peut simultanément fabriquer plusieurs corps : [1] « Le yogin, disait Bhavadeva Mishra, peut animer plus d’une forme, de même qu’une lampe peut alimenter plusieurs mèches » Il est dit que « … le grand Shankara exerça ce pouvoir lorsqu’il entra dans le corps du roi Amurka pour connaître les joies de l’amour avec cent femmes du harem royal ; c’est même à la suite de cette dernière expérience qu’aurait été composé le beau poème appelé les Shataku d’Amaru ».
L’âme peut également se réincarner en corps divins et démoniaques ; seulement si, tel est le cas, elle devra renaître homme pour recevoir la libération. La réincarnation peut être ascendante ou descendante :[2]L’homme qui a commis certains crimes et ne les a pas expiés de son vivant est condamné à renaître dans les états très inférieurs : ver, papillon de nuit, araignée, taon, poule d’eau, grillon, grenouille, chauve-souris, hérisson,etc.
Entre deux renaissances, l’âme séjourne dans des paradis ou enfers : endroits où elle reçoit la rétribution de ses actes.
Maintenant, va Candide car il est très tard, médite l’enseignement du troisième jour et prépare-toi pour l’enseignement du quatrième.
[1] Spiritualité hindoue de Jean Herbert page 105 et suivantes
[2] Spiritualité hindoue de Jean Herbert page 105 et suivantes
Questions sur la réincarnation.
LE MAÎTRE : Candide, as-tu des questions au sujet de l’enseignement du troisième jour ?
CANDIDE : Oui, Maître ! Voici : Dieu était en lui-même et pour une raison inconnue, décida de passer au multiple à travers le règne minéral, végétal, animal et humain. Cette multiplication, s’est-elle fait par création instantanée ou par évolution progressive du minéral à l’homme ? Autrement dit : l’Un s’est-il multiplié instantanément en règne minéral, végétal, animal et humain ou créa-t-il uniquement au départ le règne minéral ?
LE MAÎTRE : Tu me poses une question bien bizarre. Logiquement, tout a dû commencer par le règne minéral ;sinon Dieu, ne donnant pas à tout être une chance égale à l’obtention de la libération, aurait fait preuve de partialité.
CANDIDE : Autrement dit, le passage de l’Un au multiple serait plutôt matérialiste que biblique. En effet, pour les matérialistes, une combinaison chimique mettant le temps et le hasard à contribution, produisit, à partir de l’inanimé la première cellule vivante qui reproduisit tout ce qui existe par l’évolution et la sélection des espèces. Dans la Bible, Dieu crée les cieux et la terre ; ensuite, dans leurs formes définitives et parfaites, les plantes, les animaux et finalement l’homme.
Ma première réflexion est de trouver étrange, que la conception hindoue de la Création, soit davantage en accord avec une thèse matérialiste, plutôt que théiste. Sur cette terre, nous observons chaque jour que tout être vivant : plante, animal, homme se reproduit selon son espèce car chaque être vivant porte en lui sa propre semence.Un caillou ne donne pas naissance à une marguerite ni une marguerite à un singe, ni même un singe à un homme.Tout ce que nous observons sur terre est conforme à la Création inscrite depuis 6 000 ans dans la Bible.
Tu m’as dit, que le microcosme est à l’image du macrocosme, que ce qui est en bas est à l’image de ce qui est en haut. Si nous considérons que les livres sacrés des religions représentent ce qui est en haut, alors ce qui se passe sur terre est conforme à la Bible et non aux textes sacrés de l’Inde... Maître, veux-tu m’éclairer.
LE MAÎTRE : Ma réponse est que je demeure fidèle à mes convictions. Mais ta question est pertinente et mérite réflexion.
CANDIDE : Permets-moi de te soumettre une autre réflexion ! Imaginons ! Au début tout serait règne minéral. Une âme est-ce cette montagne comme l’Himalaya, ou cette colline, ce caillou, cet atome ? Quand je casse une pierre en deux, ai-je toujours une âme ou en ai-je deux ? L’âme d’un homme, d’une plante ou d’un animal peut se distinguer d’un autre homme, d’une autre plante ou d’un autre animal. Mais dans le règne minéral comment distinguer une âme d’une autre âme ?
LE MAÎTRE : Mais où vas-tu chercher toutes ces questions ! Lors de l’enseignement du troisième jour, je t’ai parlé de l’âme-groupe, qui réunit un grand nombre d’unités d’âmes élémentales du règne minéral.
CANDIDE : Maître, n’est-ce pas une théorie imaginée par les hommes ?
LE MAÎTRE : On pourrait penser cela !
CANDIDE : Sois patient avec moi ! Au commencement d’un cycle, tout était règne minéral. Le Karma remplissait son rôle immuable de justice aveugle jugeant pensées, paroles et actes et rétribuant par des renaissances heureuses ou douloureuses tout « être » :minéral, végétal, animal, humain. Je comprends l’accomplissement de la loi du Karma pour l’homme. Mais pour une montagne, un caillou, un atome que signifie faire le bien ou le mal ?Comment le karma a-t-il pu juger du passage d’un caillou à un brin d’herbe ? Quels ont été les critères ?
LE MAÎTRE : Continue…
CANDIDE : Le règne minéral ne détient pas comme l’homme, la notion du bien et du mal liée au libre-arbitre. Le karma ne peut pas équitablement le punir ou le récompenser. Le minéral ne peut donc, ni progresser, ni régresser ; par conséquent, il est condamné à garder éternellement son état. Si l’hindouisme proclame que le minéral peut progresser vers le végétal, comment se fait-il qu’il n’ait pas donné d’explication sur ce passage clé d’un règne à l’autre ? Cela me paraît évident car unique et nécessaire pour expliquer l’apparition des autres règnes jusqu’à celui de l’homme.
Les disciples de Darwin ont le même problème pour prouver que la vie se serait développée à partir de la matière inerte. Jamais ils n’ont pu trouver de maillon véritable entre les différentes espèces d’animaux aquatiques ou terrestres. À tel point qu’un savant aurait dit : « L’hypothèse selon laquelle la vie s’est développée à partir de la matière inerte est toujours un article de foi »[1] et un autre : « Il y a autant de chances que la vie soit apparue de façon fortuite qu’il y en a d’obtenir un dictionnaire complet à la suite de l’explosion d’une imprimerie. » Pour la réincarnation du minéral en végétal, en serait-il de même que pour la théorie de Darwin sur l’évolution des espèces ?
LE MAÎTRE : Poursuis, je te répondrais après…
CANDIDE : Le végétal étant vivant, son passage au règne animal serait plus crédible. Mais la même question reste posée ! Quelle notion la plante peut-elle avoir du bien et du mal ? Quels critères décideront qu’une rose mériterait de devenir papillon ?
Comme tu me l’as enseigné, ce qui est en bas est à l’image de ce qui est en haut. Si l’Hindouisme dit la Vérité, alors il est conforme à ce qui est en haut.Or, ce que nous observons ici-bas, contredit ses théories. Sur terre, à part le règne minéral, tout se reproduit, selon son espèce. L’ordre règne parfaitement.Dans la réincarnation selon l’hindouisme, on observe au contraire la confusion : progression, mais aussi régression d’un règne à un autre.
LE MAÎTRE : Ne crois-tu pas que la possibilité de progresser du règne minéral jusqu’au règne humain démontre une preuve d’amour de Dieu pour tout et pour tous ?
CANDIDE : Maître, dans la mesure, où Dieu s’est multiplié, divisé en toute chose, du règne minéral au règne humain, comment peut-on dire qu’Il est amour ?Si Dieu n’est pas distinct de sa Création, il ne peut que s’aimer lui-même. Si j’ai mal à mon bras et si je dis : « Je souffre pour mon bras ! » En réalité, je souffre pour moi-même, car mon bras fait partie de mon corps. Pour qu’il y ait amour, il faut que le Créateur soit extérieur à la créature qu’il a créée ; comme la mère est en dehors de l’enfant à qui elle a donné la vie.
LE MAÎTRE :Ton point de vue se défend.
CANDIDE : Chaque cycle représente une période de temps considérable. À ce jour, une très longue période s’est écoulée depuis son début ; pourtant, nous avons sur notre terre, le règne minéral, végétal, animal et humain. Quand on considère, tout ce qui est matière sur notre terre et dans l’univers, on peut se poser cette question : toute cette matière depuis tout ce temps n’aurait pas évolué d’un iota ? Pourquoi ? Je dirais heureusement qu’il en est ainsi. Supposons que tout le règne minéral, mérite de passer instantanément au stade végétal ! L’univers serait sans support et tout croulerait ! Admettons que je sois assis confortablement sur cette chaise et que celle-ci se réincarne en fleur, où mieux en papillon, on imagine la suite. Ce serait digne d’un gag !
LE MAÎTRE : (En riant) Oui, je me l’imagine.
CANDIDE : Cela me fait penser à une chose, que l’on peut constater chaque jour : sur terre, il y a des singes de toutes espèces et il y a des hommes de toutes races. D’après les disciples de l’évolution des espèces, l’homme descendrait du singe. Certains même auraient dit au siècle dernier, que les Européens descendent des chimpanzés, les Africains des gorilles, les Chinois des orangs-outangs. La question qui se pose pour un évolutionniste est la suivante : comment se fait-il que certains singes aient évolué jusqu’à l’homme et d’autres soient toujours restés au stade de l’animal ?
Je pense, Maître que la réponse est dans la Création du monde qui se trouve dans la Bible. Le singe fait partie du règne animal et en fera toujours partie ; tout comme l’homme fait partie du règne humain et en fera toujours partie ; car tous les deux, portant en eux la semence de leur espèce, se reproduiront selon leur espèce. C’est la chose la plus scientifique qui soit car elle se vérifie tous les jours. Et cela malgré le fait que l’homme et le singe ont quelques ressemblances physiques. Il en est de même pour chaque règne vivant.
Revenons encore un instant à notre folle supposition : tout le minéral par la loi du karma d’un seul coup mériterait de renaître végétal. L’univers, les planètes se trouveraient sans support. On peut imaginer que tout s’écroulerait dans un cataclysme interplanétaire. Supposons que cela n’arrive pas. De quoi les plantes tireraient-elles leur nourriture si la terre n’existait plus ? Le règne végétal périrait rapidement ? Si le règne végétal disparaissait de quoi les animaux végétariens se nourriraient-ils ? Eux aussi disparaîtraient à leur tour. Si les animaux végétariens disparaissaient de quoi se nourriraient les animaux carnivores ? Eux aussi seraient anéantis. De même l’homme sans nourriture à base de plantes ou animale succomberait également. Cela me paraît logique et montre que chaque chose créée par Dieu détient sa raison d’être. Bien sûr on pourrait appliquer les théories de Darwin et dire que le règne végétal, animal et humain s’adapteraient à cette nouvelle situation. C’est l’histoire de la girafe : Si son cou est long, c’est parce qu’à une certaine époque, la nourriture au sol devenait rare, alors qu’elle était abondante dans les arbres. On imagine une girafe avec un cou de quelques centimètres attendre qu’il s’allonge de plusieurs mètres pour se nourrir. Toutes les girafes de la terre auraient disparu depuis bien longtemps. Autant croire qu’un enfant de trois ans devra attendre que son bras s’allonge de deux mètres pour atteindre le pot de confiture caché par sa mère sur le haut d’une armoire.
Voici, pour toutes ces raisons, je ne peux pas croire que la réincarnation puisse s’effectuer du règne minéral au règne végétal.Je conçois que Dieu donna au règne minéral le rôle de support et de composant des planètes, des paysages, des plantes, des animaux, des hommes, selon l’Ecriture de la Bible :
« [2] L’Éternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant. »
Cette poussière, constitue le règne minéral : matière incréée, disponible de toute éternité à toute éternité et qui permet à Dieu de créer toute chose et tout être. Pour moi, voilà son rôle unique.
LE MAÎTRE : Tu commences à avoir une conviction. Tu es sur ta voie ! Continue ! Cependant, comment peux-tu affirmer que le règne minéral ne détient pas un embryon mental ? … Mais continue, je suppose que tu vas parler du règne végétal !
CANDIDE : Oui, en effet… La plante détient la vie en elle-même. On pourrait effectivement imaginer qu’une plante se réincarne en animal. Mais la plante, pense-t-elle ?À t-elle le libre-arbitre ? Qu’est le bien ou le mal pour une plante ? Le Karma ne peut agir, car la plante ne peut juger entre le bien et le mal. Elle ne peut donc être ni condamnée à régresser, ni récompensée à progresser. Quelle serait la mesure de sa création ? D’après mes faibles connaissances :
_ C’est de croître vers la lumière, d’absorber le gaz carbonique et de rejeter l’oxygène pour rendre la vie possible sur terre pour la vie animale et humaine.
_Créer la diversité et la beauté de la terre.
_ Servir de nourriture aux animaux et aux hommes.
Tous ces buts sont merveilleusement accomplis par le règne végétal qui obéit à l’ordre divin. S’il en était autrement, manger une plante serait une abomination car on empêcherait la progression d’un être. Mais si on va au fond des choses, manger de la poussière serait aussi un crime car on empêcherait à un être du règne minéral, sa progression vers le règne végétal.
Il en est du monde animal, comme du règne végétal. Un chien peut mordre ou lécher la main de son maître, mais ce n’est pas cela qui le condamnera à devenir pissenlit ou homme. Certains chiens sont plus intelligents que d’autres c’est vrai ! Cependant, cette intelligence reste toujours enfermée dans un certain cadre d’où l’animal ne peut sortir. Quel serait le but de la création du monde animal : Comme les plantes, créer la diversité et la beauté de la terre, servir d’aide et de compagnon à l’homme. Mais aussi dans une certaine mesure, il faut bien le dire, servir de nourriture :[3] « Tout ce qui se meut et qui a vie vous servira de nourriture ; je vous donne tout cela, comme l’herbe verte. »
S’il n’en était pas ainsi, tout comme manger de la poussière, des fruits ou des plantes, manger de la viande serait pour les mêmes raisons encore plus abominable. Je dis cela sans pour autant cautionner la nourriture à base de viande car je pense qu’il faudrait l’éviter au maximum.
Pour résumer : l’animal n’ayant pas une véritable conscience du bien et du mal, ne peut être condamné par la loi du Karma à régresser dans le règne végétal. Il ne peut non plus être récompensé en accédant au règne humain. Par conséquent il est condamné à rester, lui aussi dans son propre règne.
L’homme ayant la conscience du bien et du mal est entièrement responsable de ses pensées, de ses paroles, de ses actes. À mon avis, seul dans l’homme, le karma peut agir et la réincarnation s’accomplir.
J’ai lu ceci, et cela conforte mes sentiments. [4] « .. La pensée humaine n’est pas « tombée» dans n’importe quel organisme. Elle n’est pas possible dans n’importe quel organisme, et c’est pourquoi le mythe de la transmigration des âmes en des corps d’animaux est absurde. La pensée ne peut être ce qu’elle est que lorsque l’organisme humain est ce qu’il est, lorsqu’il atteint le degré de complexité et de différenciation qu’il a présentement. »
Tout pourrait être cohérent. Pour cela il faudrait que l’Un soit distinct de sa création. Qu’il crée de l’extérieur et non de l’intérieur. Comme un menuisier, disposant de planches, d’outils, de colle, de clous et qui s’apprête à fabriquer un meuble. Dieu utiliserait deux choses : la matière et l’énergie ou intelligence. L’Un prendrait la matière éternelle qui lui est étrangère et disponible à volonté et créerait tous les univers, les planètes, soleil, lune et notre terre, avec ses montagnes, ses collines, ses rivières, tout ce qui, en fait sa diversité et sa beauté.Ensuite, il prendrait de la même matière et insufflerait le souffle de vie pour chaque végétal ; chaque animal ; chaque homme. Ainsi le but de l’Un serait que l’homme devienne semblable à Lui.
L’Un serait ainsi le père d’autres « uns » comme Lui. Ce serait un peu comme les amibes qui par scission en créent d’autres. Ainsi, l’homme ayant atteint la libération serait qualifié pour devenir un Dieu et connaître ainsi les joies de l’unité et la souffrance de la multiplicité. Cependant, cette souffrance de l’Un, serait amour, compassion, miséricorde car elle permettrait à des hommes d’atteindre la divinité à son image. [5][6]
LE MAÎTRE : Je dois reconnaître que ton raisonnement est logique et répond à certaines questions !
[1] J.Sullivan, mathématicien
[2] Genèse 2 :7
[3] Genèse 9 :3
[4] Comment se pose aujourd’hui le problème de l’existence de Dieu p 401
[5] Comment se pose aujourd’hui le problème de l’existence de DieuClaude Tresmontant :
page 438 et suivantes : « Mais dira-t-on, pourquoi Dieu produit-il ces êtres hors de lui ? Pourquoi faire ?_ C’est la question de la création... Mais quel est le sens dernier, ultime de la création ? Quel est son avenir ? Quelle est la destination de l’homme ? À cette question, le savant en tant que tel ne peut répondre, car le savant n’est pas prophète. Seul celui qui reçoit communication de la connaissance du dessein créateur de Dieu peut nous dire quel est ce dessein « Le Seigneur l’Éternel, ne fait rien sans dévoiler son secret à ses serviteurs les prophètes » (Amos 3 :7) ».Mais alors commence une science nouvelle, qui s’appelle théologie, et qui est fondée sur la communication au prophète de la pensée de Dieu. On sait, mais parfois on ne sait pas que la réponse de la théologie à cette question : « Pourquoi la création ? », c’est la doctrine de la divinisation : la création a pour but, pour fin, pour terme, de susciter des êtres capables de participer réellement et sans métaphore à la vie divine, sans confusion des natures ni des personnes (contre le panthéisme)....
La création n’est pas, si l’on ose dire, centrifuge. Les êtres créés ne « sortent » pas de Dieu : ils ne sont pas issus de la substance divine. Bien plutôt il faut dire que la création est « centripète » : Dieu crée des êtres afin de les élever progressivement jusqu’à la participation plénière à sa propre vie. Le terme de la création, c’est l’union, sans confusion (répétons-le) des natures ni des personnes.
Mais il y a d’autres difficultés : comment comprendre que Dieu crée réellement des êtres, c’est-à-dire des libertés capables d’actions autonomes, capables d’agir en propre, et non pas seulement des choses ? Comment comprendre la relation entre la liberté créatrice de Dieu et la liberté créée de l’homme ? Comment est-il possible que Dieu crée des êtres qui soient réellement, et non métaphoriquement, « à son image et à sa ressemblance », c’est-à-dire capables d’agir, capables de devenir causes à leur tour ?. »
[6] Olga Kozak, Bouddha, le Christ ... Quelle voie ?
« Tous, nous avons cette étincelle divine qui est notre Ego, notre esprit individuel. Mais cet ego-germe divin doit croître pour devenir l’homme divin. L’axiome d’Hermès : « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas » nous permet de mieux comprendre notre relation à Dieu : le gland, le pignon, l’amande sont de même nature que l’arbre dont ils proviennent. Mais ils ne sont ni le chêne, ni le pin, ni l’amandier. Ils ont seulement la pleine potentialité de le devenir. Ainsi nous sommes EN Dieu, nous faisons partie de lui comme le fruit appartient à l’arbre dont il est issu mais a été séparé, avec pour destin de reproduire l’arbre à son tour, par ses propres moyens. Mais nous ne sommes pas plus des dieux, pour le moment que le gland, le pignon ou l’amande ne sont arbres. Séparés de Dieu, notre Père, notre destin est aussi de révéler notre divinité par nous-mêmes. Lentement, nous amenons cette potentialité à réalisation, vie après vie, où chaque fois, que nous faisons un petit progrès. L’esprit humain en nous est presque aussi inconscient de lui-même qu’il l’était en Dieu avant notre projection dans la matière. »
Extraits « Candide et l’Hindouisme » de Victor OJEDA
Les Avatars
LE MAÎTRE : Tu auras un jour tes réponses. Persévère et fait confiance à ton Maître intérieur ! Maintenant, poursuivons notre étude sur l’hindouisme. Je vais te parler des avatars. Les dieux, même les plus grands et en particuliers Vishnou descendent sur terre pour venir au secours de l’humanité rétablir l’ordre moral et s’incarnent comme tout humain, naissant d’un père et d’une mère. Cet avatar est toujours le même Dieu, s’incarnant sous différents noms : Rama, Krishna, Jésus, Bouddha.
[1]Tous les avatars ne manifestent pas Dieu dans la même mesure, ou, pourrait-on dire, dans la même proportion. Celui en qui l’on accorde pour reconnaître la descente la plus totale est Krishna, au point même que certaines sectes hindoues voient en lui non pas un avatar de Vishnou, mais Vishnou lui-même plus encore que Vishnou en personne.
Dans le cas de Râma, on considère souvent que l’incarnation de Vishnu était quadruple, en ce sens que la moitié du Divin (Vishnu) serait descendue en Râma lui-même, un quart en son frère Bharata et un huitème en chacun de ses autres frères, Lakshmana et Shatrudhma. Selon Shri Râmakrishna, au contraire, l’incarnation était descendue en Râma dans la proportion de douze seizièmes.
On attribue à Vishnou 10 descentes sous différentes manifestations :
1_ Matsya : Le poisson.Cette représentation semble avoir un rapport avec le déluge. Il sauve Manu (Noé) et restitue à Brahma les Védas.
2_Kürma : La tortue. Cette représentation est rattachée encore au déluge. Kürma ramène du fond de l’océan, les bijoux perdus lors du déluge. Kürma aida également Indra à vaincre les démons Asuras.
3_ Varâha : Le Sanglier. Un des mythes de la création. Vishnu sous la forme d'un sanglier plonge dans l’océan et sort la terre des eaux pour l'étendre sur une feuille de Lotus.
4_ Narasimba : L’homme-lion. Il abat un démon.
4_ Narasimba : L’homme-lion. Il abat un démon.
5Vâmana : le nain. C’est la transition entre les incarnations animales et humaines. Sous l’aspect d’un nain, Vishnu mystifie le démon Bali, qui lui promet le ciel et la terre à condition de les parcourir en trois foulées. Alors Vishnou, dans sa forme de nain se transforme en un géant qui parcourt en trois enjambées le ciel, la terre et le monde souterrain. Dans ce dernier royaume,
6__ Râma à la hache. Il décima les castes princières en révolte contre l'autorité des Brâhmanes. Les vainquit et distribua les terres aux prêtes.
7_ Râma : Le héros du Ramayana. Il tue le démon Ravana. Il incarne la perfection et le devoir. Demi-dieu dans le Ramayana, il sera identifié, plus tard à Vishnu.
8_ Krishna : La Bhagavad-Gîta, le désigne comme le Dieu suprême. C’est la plus célèbre incarnation de Vishnu. Celui qui détruit le mal et restaure le bien, le savoir, la vertu.
9_ Bouddha. [2]L’Inde brahmanique a toujours eu tendance à accueillir favorablement les saints personnages d’origines les plus diverses. C’est ainsi que beaucoup de listes citent le Bouddha comme neuvième avatara. La raison donnée à cette descente du dieu est particulière : on dit qu’elle a lieu « pour tromper les méchants par de fausses doctrines ».
10_ Kalki. L’homme à la tête de cheval. Il apparaîtra lors de la fin de la période cosmique, monté sur un cheval blanc et tenant une épée dans la main.Il rétablira l'âge d'or, punira les méchants, justifiera les justes. Ensuite il détruira le monde.
CANDIDE : Comment peut-on affirmer que Vishnu est descendu en Rama de moitié, un quart sur un des frères, et un huitième sur les quatre autres. Affirmation d’ailleurs contestée par un autre maître qui propose que Rama fût constitué de douze seizième de Vishnu.Quand on fait rentrer des mathématiques dans un enseignement spirituel autant être sûr de ses calculs. Que croire dans tout cela ?
LE MAÎTRE : Il faut croire à la réalité des choses et à leur relativité symbolique et cosmique.
CANDIDE : Est-il concevable qu’un Dieu, apparaissent à l’homme dans toutes ses formes « bizarres » ? N’est-ce pas finalement le tromper ? Pourquoi n’apparaît-il pas dans sa forme véritable ? Ce serait tellement plus simple !
LE MAÎTRE : Les hindous croient que les dieux peuvent prendre à volonté les formes qui leur plaisent ; formes qui correspondent le mieux à leurs attributs multiples et à l’enseignement qu’ils veulent donner à celui à qui il apparaît.
CANDIDE : Maître, permets-moi moi de résumer l’enseignement de ce jour. L’Un à trois aspects, trois fonctions : celui de créateur représenté par Brahmâ, celui de conservateur représenté par Vishnu, celui de destructeur représenté par Shiva. L’aspect et les fonctions de ces trois dieux Brahmâ, Vishnu et Shiva constituent la trinité hindoue. Les avatars sont surtout concernés par Vishnu, le dieu conservateur, qui descend sur terre avec une apparence appropriée à sa mission. Vishnu sous différents noms dont le plus glorieux est Krishna, fait son apparition dans le monde, chaque fois que la justice, la morale, la spiritualité sont en danger. Son action est d’aider l’homme à retrouver la voie de la délivrance et de la paix.
LE MAÎTRE : Tu as bien résumé Candide. Maintenant, il est tard. Médite l’enseignement du quatrième jour et prépare-toi à celui du cinquième.
Extraits « Candide et l’Hindouisme » de Victor OJEDA
[1] Spiritualité hindou Jean Herbert page 307 et suivantes
[2] Encyclopaedia universalis p 932
Les livres sacrés de l’Hindouisme : Les Védas, Upanishads, Bhagavad-Gita
LE MAÎTRE : Nous allons aborder maintenant les écrits sacrés. Ils ont pour origine les Védas ou « Savoir ». Pour l’hindou, ils sont plus qu’Ecriture : « Ils existaient avant toute chose, avant l’homme et avant la terre. »À chaque nouveau cycle, le Brahman crée Brahma, Vishnou, Shiva. Il donne à Brahma la connaissance des Védas ; à partir de ce savoir Brahma crée les mondes et de temps à autre des sages ou rishis capables de les recevoir et de les comprendre. Les Védas sont aussi vrais qu’éternels. Les textes védiques ne peuvent être rapprochés aux événements historiques connus. Il est impossible de dater les évènements décrits et de déterminer s’il s’agit de légendes ou de faits historiques. Est hindou uniquement celui qui accepte totalement l’autorité des Védas. Pourtant vers le septième et sixième siècle av. J-C, aux Védas succèderont d’autres livres sacrés la Bhagavad-Gita, les Upanishads qui les supplanteront. Dans ces nouveaux textes sacrés, apparaîtront la doctrine de la transmigration et le yoga complètement absents des écrits védiques. Les dieux changeront aussi de position alors que Vishnou et Shiva sont des dieux mineurs dans le Védisme, ils revêtiront l’importance primordiale qu’on leur connaît aujourd’hui. Les sacrifices sanglants d’animaux et même d’humains se voient remplacés par des rites d’offrandes et la prière. Aux cérémonies védiques célébrées au profit du clan ou de la nation, succédera une relation personnelle avec la divinité de son choix.
CANDIDE : Les hindous ne se laisseraient-ils pas aller à un enthousiasme débordant pour leur livre sacré, lorsqu’ils disent qu’il contient toute vérité et que Dieu n’est que le récitant à travers les inaugurations des cycles passés, présent et à venir ?Il paraît indéniable que les Védas ne répondent pas à toutes les questions. Au cours des derniers enseignements, nous en avons eu la preuve. Ensuite les brahmanes eux-mêmes n’ont pas hésité à apporter des réformes : changements de dieux, suppression des sacrifices sanglants, ajout de la théorie de la transmigration des âmes, de l’atman et du Brahman.
Extraits « Candide et l’Hindouisme » de Victor OJEDA
Le yoga
LE MAÎTRE : Nous avons vu que les nouveaux textes sacrés ajoutèrent la doctrine de la réincarnation et la pratique du Yoga. Nous avons parlé de la transmigration de l’âme, parlons maintenant du Yoga. Celui-ci est à la mode en l’occident ;considéré comme une technique de relaxation à la fois mentale et physique. En Orient, il s’agit d’une ascèse qui peut varier d’un Sadhu à un autre mais ayant toujours comme objectif suprême d’unir le corps, l’âme et esprit à l’Absolu. D’ailleurs en sanscrit « Yoga » signifie « unir », « joindre », « relier » l’homme à Dieu.
Le yogi à la base recherche la maîtrise du corps et de la respiration ; le développement de l’attention et de la concentration intellectuelle. Cette puissance de contemplation acquise, il peut l’appliquer sur un objet quel qu’il soit, sur une idée ou sur rien du tout.
Il ne vise pas essentiellement à s’unir à un Dieu personnel mais à se rattacher au principe du Grand Tout et à se confondre en Lui. C’est à partir de son corps devenu champ d’observation, en cherchant à le connaître physiquement dans ses moindres cellules, en sondant son intellect et son esprit qu’il acquiert la connaissance de l’Univers.
De la découlent les pouvoirs extraordinaires que l’on prête à ces hommes : lévitation, perception de l’infiniment grand et petit, déplacement d’objets à distance, marcher sur l’eau, peser tour à tour une plume ou une tonne, dominer les consciences, influencer les évènements, commander aux éléments.
CANDIDE : Maître, cela doit être excitant de posséder de tels pouvoirs mais personnellement, je vois là, poursuite du vent quand on néglige l’essentiel qui est l’amour du prochain avec les sacrifices personnels qu’il comporte. Plutôt que de voler dans les airs ou marcher sur les eaux, je préférerais être capable d’accomplir l’œuvre de mère Thérésa ou du docteur Schweitzer.
LE MAÎTRE : Je suis tout à fait d’accord avec toi. Cette histoire pourrait illustrer ce que tu viens de dire et le côté superficiel, de l’idéal du yogin qui se donnent comme but l’acquisition de pouvoirs extraordinaires et pour lequel il va consacrer son existence :
Un disciple après avoir reçu l’enseignement d’un sage le quitta, décidé à trouver davantage de sagesse et surtout davantage de pouvoirs sur son corps et la nature. De nombreuses années, plus tard, il revint voir son ancien maître qui était au chevet d’un malade, tout près d’une rivière.Ce dernier lui demanda avec bienveillance et intérêt :
_Qu’as tu appris durant toutes ces années ?
_ Maître, j’ai appris à marcher sur l’eau et maintenant, je marche sur l’eau.
_ Tu es satisfait, de marcher sur l’eau ?
_Oui Maître, ça valait le coup.
_ Qu’as tu fais d’autre durant toutes ces années.
_ Maître, mais rien d’autre ! Pour y arriver, j’ai consacré, nuit et jour tout mon temps.
_ Mon ami, tu vois pour traverser cette rivière, je prends cette barque qui a été faite dans ce but. Je ne marche pas sur l’eau, il est vrai, mais reconnais que j’obtiens le même résultat !Mais dis-moi, combien d’hommes tu as secourus ?Combien de misère tu as soulagée ? Combien de petits enfants tu as embrassés et consolés quand ils pleuraient ? Combien de plaies tu as pansées ? Combien de malheureux tu as visités en prison ou dans les hôpitaux ? Combien d’aveugles tu as accompagnés ? Combien d’affamés, tu as nourris ? Combien d’assoiffés d’eau et d’esprit, tu as abreuvés ?
_ Maître, où voulais-tu que je trouve le temps, je te l’ai dit : nuit et jour j’ai peiné pour obtenir ce pouvoir.
_ C’est par ces choses que tu aurais dû commencer. Car c’est en faisant ces choses que résident la sagesse et le véritable pouvoir car aucun pouvoir n’est plus grand que celui de l’amour. Et celui qui le possède est le plus grand aux yeux de Dieu.
CANDIDE : C’est une histoire très édifiante !
LE MAÎTRE : Bien Candide, il est très tard, médite l ‘enseignement du cinquième jour et prépare-toi à recevoir l’enseignement du sixième et dernier jour.
Extraits « Candide et l’Hindouisme » de Victor OJEDA
Le Védanta
LE MAÎTRE : As-tu des questions concernant, l’enseignement du cinquième jour ?
CANDIDE : Non, Maître !
LE MAÎTRE : Nous allons aujourd’hui, parler de deux enseignements qui furent donnés dans l’Inde. Même s’ils paraissent contradictoires, ils sont contenus dans le Védanta et forment un tout. Pour l’occidental, ils semblent s’opposer mais, pour l’hindou, ils ne sont qu’un point de vue différent ou une vision distincte de la même réalité finale. Védanta signifie ; fin : c’est-à-dire accomplissement, couronnement du Véda. Le Vedânta désigne l’un des plus importants courants de pensées de l’hindouisme classique. À ce titre, il constitue l’un des grands systèmes philosophiques ou comme dirait l’hindou « darsana ». Ce darsana fut illustré par des maîtres tels que Shankara, Râmânuja, Madhva. Rappelons que darsana dans la pensée hindoue signifie : visions, points de vue de la vérité perçus sous des angles différents. Ces trois grandes époques sont dues aux conceptions différentes concernant :
Le monde :A-t-il été créé ? Si oui, par qui ? Ou bien est-il co-éternel au Brahman ? Est-il pure illusion ou non ou à quel degré l’est-il ?
La personnalité de Dieu : Est-il immanent ou bien transcendant ou les deux à la fois ?
L’âme : Qu’est-elle réellement ? Est-elle éternelle ou non ? Garde t-elle son individualité ?
Etc.
On peut comprendre que ces différents points de vue aient alimenté la controverse. L’histoire du Védanta connaît pour la résumer trois époques :
1_ Le Védanta du VI au VII ième siècle après J-C :Le plus ancien comme le plus radical est personnifié par le sage Gaudapâda. Dans les Upanishads il affirme que le monde n’a pas plus de réalité que le cercle rouge qui se dessine lorsque nous faisons tourner une torche enflammée. Ce maître eut comme disciple Govinda qui lui-même enseigna le fameux Sankara. Ce dernier écrivit, vers le VIII siècle, plusieurs ouvrages qui restituèrent au monde une certaine réalité en montrant qu’il est issu du Brahmam et que c’est au-delà des apparences multiples des objets, des idéations et des dieux, qu’il faut retrouver le Dieu-rahmam.
2_ Après Sankara, le Védanta va prendre une nouvelle position diamétralement opposée par l’entrée en scène de Madhva vers le XII ième siècle. Sankara parlait du Brahmam en termes négatifs : Il n’est pas ceci ou cela. Madhva parlera en termes positifs : Le Seigneur est lumière, joie, amour, connaissance, puissance, intelligence. Le but de Sankara est de se fondre dans le Brahmam impersonnel ; celui de Madhva de vivre avec le Seigneur de goûter à sa présence dans une communion totale et pourtant distincte, individuelle, autonome et séparée de sa Personne : comme l’enfant auprès de ses parents.
Madhva accusait Sankara d’avoir faussé l’enseignement des brama-sutras et ses croyances se rapprochaient de celles du christianisme. Le Brahman n’est rien autre que Vishnu, les âmes ont une existence réelle et individuelle, la délivrance n’est pas seulement une affaire d’effort spirituel mais de grâce divine pour participer au salut. La Création est distincte du Seigneur ; il y a le monde des âmes et celui de la matière. Il adorait les deux avatars Krishna et Rama, mais à travers eux la Personne suprême, le Dieu Unique : Vishnou.
3_ La troisième époque du XIII ième siècle, à nos jours, verra progressivement le retour en force du védânta de Sankara. Les fidèles de Madhva deviendront les dévots de Vishnu-Krishna.
C’est pourquoi, lorsque'au XIX ième, les Européens entrent en contact avec la sagesse hindoue, ils ont surtout affaire au Védanta de Sankara qui devient la « métaphysique universelle ». La force de cette métaphysique est de se placer au-dessus de tous les Dieux de toutes les religions et confessions, un Dieu qui englobe tout : CELA ; et ce CELA, chaque être humain le possède et peut le développer par la vraie connaissance, sagesse et yoga. La reconnaissance de CELA en soi, permet de dépasser la condition humaine ; de devenir « un délivré vivant », c’est-à-dire un être supérieur aux dieux, doué de pouvoirs quasi illimités et assuré d’atteindre la libération dans cette vie même.
Extraits « Candide et l’Hindouisme » de Victor OJEDA
Le septième jour, Candide médita
Le septième jour, Candide médita. Son cher Maître, l’avait exhorté à acquérir une conviction personnelle. La connaissance de la Vérité à laquelle il aspire tant est loin d’être réalisée, mais les choses s’éclaircissent. Il discerne, tout au moins pour lui-même, l’acceptable de l’inacceptable. Il sait une chose : Ce qui est en bas, est à l’image de ce qui est en haut. Il ne peut croire que Dieu ait laissé les hommes sans des signes sur terre leur permettant de retrouver le chemin d’en haut. Tout ici-bas doit rappeler symboliquement, d’où nous venons, quel est notre but sur terre et où nous allons après cette vie.
Candide fait le point de l’enseignement du maître afin de tirer ses propres conclusions sur l’Hindouisme.
Extraits « Candide et l’Hindouisme » de Victor OJEDA
Le mot de la fin
Ce passage de la vie du Bouddha, pourrait servir de conclusion àl’Hindouisme :
« [1]Le Bouddha passait une fois par une petite ville appelée Kesaputta, dans le royaume de Kosala. Ses habitants étaient connus sous le nom de Kalama. Lorsqu’ils apprirent que le Bouddha se trouvait chez eux, les Kalama lui rendirent visite et lui dirent :
_ Seigneur, des solitaires et des brahmanes qui passent par Kesaputta, exposent et exaltent leurs propres doctrines, et ils condamnent et méprisent les doctrines des autres. Puis viennent d’autres solitaires et brahmanes qui eux aussi, à leur tour, exposent et exaltent leurs propres doctrines et ils condamnent et méprisent les doctrines des autres. Mais pour nous, Seigneur nous restons toujours dans le doute et la perplexité quant à celui de ces vénérables solitaires et brahmanes qui a exprimé la vérité et quant à celui qui a menti.
Le Bouddha leur donna alors cet avis, unique dans l’histoire des religions :
_ Oui, Kalama, il est juste que vous soyez dans le doute et la perplexité, car le doute s’est élevé en une matière qui est douteuse. Maintenant, écoutez, Kalama, ne vous laissez pas guider par des rapports, par la tradition ou par ce que vous avez entendu dire. Ne vous laissez pas guider par l’autorité de textes religieux, ni par la simple logique ou l’inférence, ni par les apparences, ni par le plaisir de spéculer sur des opinions, ni par des vraisemblances possibles, ni par la pensée, « il est notre Maître ». Mais Kalama, lorsque vous savez par vous-même que certaines choses sont défavorables, fausses et mauvaises, alors, renoncez-y ... Et lorsque par vous-même vous savez que certaines choses sont favorables et bonnes, acceptez-les et suivez-les. »
Le Bouddha dit aux bhikkhus ( moine de l’ordre ou Sangha) qu’un disciple devrait même examiner le Tathâgata (Bouddha) lui-même, de manière qu’il (le disciple) pût être entièrement convaincu de la valeur véritable du Maître qu’il suit. »
Les religions de l’Inde comportent de belles théories, de magnifiques conceptions, certainement des trésors de vérités mais englués dans des doctrines d’homme. Trop de questions, essentielles dans l’Hindouisme, restent sans réponses ; sans compter ses contradictions nombreuses sur les points de doctrines fondamentaux. Ces concepts approfondis tout comme pour les Kalama, nous laissent dans le doute et la confusion. Le Bouddha nous renvoie à nous-même pour discerner le vrai du faux et nous conseille d’éprouver non seulement les enseignements mais également le Maître qui les dispense. Merveilleux conseil ! Mais est-ce suffisant pour connaître la Vérité ; cette Vérité qui est la connaissancedes choses telles qu’elles étaient, sont et seront ? Je ne le crois pas ! Cette recherche de la Vérité absolue nous tourne vers Jésus et ses sublimes paroles :
Actes 4 :12
Il n’y a de salut en aucun autre ; car il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés.
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Jean 11 :25
Jésus lui dit : Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort…
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Jean 3 :16
Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle.
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Jean 5 :26
Car, comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d'avoir la vie en lui-même.
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Jean 6 :47
En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle.
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Jean 17 :3
Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ.
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Jean 8:32
Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira.
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Jean 14 :6
Jésus lui dit : Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi.
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Dans le Nouveau Testament, Jésus prononce une centaine de fois son impressionnante formule : « Je vous le dis en vérité … » ou « En vérité, en vérité je vous le dis… » Cela à ma connaissance, aucun Maître n’a osé le dire. Pourquoi ? Parce que Jésus est le seul qui ait parlé avec l’autorité divine venant du Père :.
Matthieu 7 : 28 à 29
Après que Jésus eut achevé ces discours, la foule fut frappée de sa doctrine ; Car il enseignait comme ayant autorité, et non pas comme leurs scribes.
|
C’est pourquoi, j’ai le témoignage[2] que tout maître spirituel, peut élever l’homme dans sa condition humaine et l’aider à atteindre des hauts sommets ; Mais seul le Christ, après avoir grandi l’homme dans son humanité, peut grâce à son sacrifice expiatoire, l’élever à la divinité car littéralement, « Jésus-Christ est le Dieu qui s’est fait Homme pour que les hommes puissent devenir des dieux ».
1 Jean 3:2
Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n'a pas encore été manifesté; mais nous savons que, lorsque cela sera manifesté, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu'il est.
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Extraits « Candide et l’Hindouisme » de Victor OJEDA
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[1]L'enseignement du Bouddha par Wapola Rahula
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